Le genre Cyanoramphus – Les kakarikis

 

16. Le système de jugement et le travail du juge

 

Lors du jugement des Kakarikis, l'on part avec certaines normes de qualité.  Chez un certain nombre d'organisations d'oiseaux, ces normes de qualité sont mises par écrit dans une bonne description des espèces et/ou les bien nommées exigences des standards.

Aux Pays-Bas et en Belgique, les grands clubs d'oiseaux attribuent la valeur exprimée en points et le juge fait un rapport de jugement, le bien connu billet de jugement. Certaines organisation plus petites travaillent encore comme le système de désignation employé dans le monde de la volaille où aussi un rapport de jugement est fait.

D'autres organisations encore travaillent avec un système ou deux juges travaillent ensemble et après une concertation réciproque cochent la qualification; insuffisant, moyen, bon, très bon ou excellent sur une liste qui est collée sur la cage. Parfois, pour les oiseaux qui n'ont que des points moyens ou insuffisants, un rapport de jugement complémentaire est dressé sur lequel les manquements sont encore formulés.

 

Quel système de jugement a la préférence ?

Nous devons commencer par établir que le jugement des oiseaux n'est pas une occupation mathématique comme mesurer une boite d'allumettes ou peser un morceau de pierre. Le type et la couleur d'un oiseau ne sont jamais exacts à déterminer. Des circonstances comme l'environnement et l'angle d'incidence de la lumière et le fait qu'aucun juge n'a le même caractère, font que chaque jugement est subjectif en mesures importantes. Ce n'est pas pour rien que les différentes associations d'oiseaux, connaissant cette caractéristique, ont pris la décision d'obliger les cages standard, de telle manière que pour cette caractéristique, les mêmes circonstances sont accommodantes. Pour cette même raison, le jugement par lumière artificielle est aussi lié à des conditions très strictes, de telle manière que sur ce point aussi, les mêmes circonstances aient cours.

 

Pendant le jugement, involontairement, le goût personnel du juge pour certaines caractéristiques joue aussi un rôle. Un certain juge va subjectivement, inconsciemment juger un groupe de Kakarikis sur la qualité des proportions du corps tandis qu'un autre va juger inconsciemment la qualité de la couleur du corps, le dessin ou la qualité du plumage. Les Kakarikis ne doivent pas être jugés sur un seul élément mais sur un nombre de caractéristiques totalement différentes entre elles. Pour cet effet, le rapport de jugement a été instauré. Par l'installation du rapport de jugement, le juge est obligé de prendre en considération toutes les parties de l'oiseau. D'autres avantages de ce rapport sont que le juge effectue une justification pour son jugement et que l'exposant peut tirer un enseignement des faits, remarques et critiques.

 

Sur le rapport de jugement, le juge ne transmet pas uniquement la responsabilité de sa vision mais c'est aussi une aide lors du jugement, ce qui fait que tous les éléments de l'oiseau reçoivent l'attention nécessaire et sont vus en toile de fond de l'oiseau dans sa totalité comme un tout non dissociable.

Mais le système de jugement où pour chaque oiseau un rapport de jugement est dressé a aussi ses points faibles. C'est par exemple le cas lorsque le jugement à l'aide d'un rapport de jugement dégénère en jugement sur base du rapport de jugement.  L'homme avec feeling juge à l'aide du rapport de jugement. Il regarde l'oiseau dans son entièreté contre l'arrière plan, juge sa valeur et donne ensuite sur le rapport de jugement un compte-rendu de sa vision.

Pour le juge qui n'a pas le doigté nécessaire, le rapport de jugement n'est rien d'autre qu'une liste de points. Sans le lien interne de pouvoir voir l'oiseau en son entièreté, il ne fait que bêtement la somme des fautes remarquées et par rubrique, fait le compte des points et “au suivant”. Vous comprendrez bien que de cette manière, ce système ne fonctionne pas convenablement.

Lors du jugement sans rapport de jugement, il y a le danger que le juge donne une valeur exagérée à certaines bonnes caractéristiques et d'un autre côté, certaines mauvaises caractéristiques, qui d'après sa manière de penser n'ont pas autant d'importance, ne vont pas faire peser suffisamment ou pas du tout dans son opinion finale. Il est possible de faire échouer ce dernier point de manière importante lorsque 2 ou 3 juges vont, ensemble et en bonne coordination, classifier les oiseaux par groupe ou classe par qualité. Des préférences personnelles vont alors, par concertation et participation mutuelle n'avoir que très peu de chance d'influencer le classement des oiseaux.

Personnellement je n'ai pas spécialement une préférence concernant le système de jugement. Lors de concours où le renseignement vers l'exposant est très important, en général, ce sont les concours plus petits, je préfère les jugements où l'on va rédiger un rapport de jugement. Lors de grands concours où le renseignement ne joue qu'un rôle minime, je préfère le système de classification, à condition qu'au moins 2 juges aillent, ensemble, juger un groupe d'oiseaux.  L'on pourrait utiliser comme mode de transition un système, où pour chaque oiseau, un jugement final est fixé, qui peut être rassemblé sur des listes et qui peut par la suite, à la demande, être imprimé sur un catalogue.

Bien entendu, tout le monde ne va pas être d'accord avec cette manière de voir. C'est permis. Nous allons être formellement d'accord sur un point: quel que soit le système que nous allons appliquer, chaque jugement va dépendre de la qualité des personnes qui vont effectuer le jugement.

 

Agencement du rapport de jugement

Comme exemple, nous allons nous servir du papier de jugement, qui au niveau international, est utilisé par les concours C.O.M. (Confédération Ornithologique Mondial) mais aussi par différentes associations chez nous et à l'étranger.

Ce document de jugement est constitué de 6 rubriques.

 

Rubrique 1: couleur et dessin

Dans cette rubrique, l'on juge la couleur du corps, inclus la couleur des pattes, ongles et bec. Il s'agit ici de la couleur exacte, de la profondeur de la couleur et de la régularité de la couleur.  Egalement, s'il est présent, le dessin de la tête, des ailes, de la queue et du corps est jugé dans cette rubrique. Il s'agit surtout des séparations des couleurs et où elles doivent avoir lieu. De même la couleur du dessin est jugée dans cette rubrique.

 

Rubrique 2: port des ailes, type et maintien

Dans cette rubrique, la forme et le maintien des ailes est jugé, de même que la manière où les ailes sont positionnées. Dans cette rubrique, le juge va aussi juger le type de l'oiseau.  Par type, l'on comprend la position réciproque du corps: le modèle ou la forme de l'oiseau. Comme dernier composant de cette rubrique, l'on fait attention au maintien de l'oiseau. Le “maintien” est une partie importante du type de l'oiseau. Un oiseau peut avoir de nature un mauvais maintien (aptitude héréditaire), mais celui-ci peut aussi être la suite d'une condition physique diminuée ou avoir une cause psychique. Les Kakarikis doivent montrer pendant  le jugement un maintien naturel et actif. Un maintien affaissé sur la perche est fautif, de même qu'avoir les ailes croisées ou fermées.  Les fautes reprises avant ont aussi une influence négative sur le type.

 

Rubrique 3: le format

Le paragraphe “format” n'a pas besoin de beaucoup d'explications car l'on parle de la longueur totale de l'oiseau.

Le type et le format sont deux facteurs très proches car ils doivent être en harmonie.

 

Rubrique 4: les pattes, doigts et ongles

Dans cette rubrique, l'on juge uniquement la condition des pattes,  des doigts et des ongles et pas la couleur de ceux-ci.  La couleur est jugée sous la rubrique 1.

 

Rubrique 5: le plumage

Dans cette rubrique, la condition du plumage de l'oiseau est jugée. Le plumage doit être sans dégâts, sans usure et sans saleté. Chez les Kakarikis, en plus, il est important que le plumage soit bien collé au corps. De très gros défauts du plumage sont également punis dans la rubrique 6.

 

Rubrique 6: Condition générale

Dans cette rubrique tombe le jugement de la condition générale et la condition show de l'oiseau.  De gros manquements comme manquer un ongle ou un doigt ou d'autres manquements corporels permanents, font que l'oiseau en question ne soit pas apte à être jugé.  Un plumage fort détérioré n'est pas seulement puni dans la rubrique 5 mais est aussi déterminant pour la condition, lorsque nous prenons la définition un peu plus large, ce qui fait qu'aussi pour cette rubrique il y aura des points en moins.  Dans cette rubrique il y aura aussi de petits manquements au bec qui vont être punis, à l'exception de la couleur du bec car celle ci est jugée dans la rubrique 1

 

Le total de 100 points est de la théorie, que l'on ne peut obtenir que pour une image idéale. Comme chaque oiseau existant diverge de l'image idéale, chaque oiseau pris strictement va recevoir des points de pénalité et ce qui fait qu'en pratique, un maximum de 94 points est donné. Le minimum de points à donner est fixé à 70.

Le maximum et minimum de points à obtenir par rubrique est la suivante:

Rubrique 1:  34 – 28

Rubrique 2:  19 – 14

Rubrique 3:  14 – 10

Rubrique 4:    9 – 6

Rubrique 5:    9 – 6

Rubrique 6:    9 – 6

 

Par rubrique, le juge a donc à sa disposition un certain nombre de points de pénalisation. Dépendamment de la mesure à laquelle l'oiseau diverge de l'image idéale, aura lieu la déduction des points.

 

Sur la manière comment les Kakarikis sont jugés et le travail du juge, il y a encore beaucoup d'incompréhension qui règne.  Il me semble bon d'en parler un peu.

 

C'est une incompréhension de croire que le jugement des oiseaux se passe sur une base de connaissance seulement théorique.  En parallèle à une connaissance approfondie des espèces et une grande expérience comme éleveur, le juge va en premier lieu devoir avoir une notion développée pour les proportions, mais aussi oser mettre sa vison sur papier et si nécessaire devoir la défendre.  Un bon juge commence son travail par une promenade le long des rayons où se trouvent les oiseaux.  De cette manière, il a une première idée concernant la qualité présente.  Un oiseau exceptionnellement bon, qui va devenir un des meilleurs oiseaux du show, ne va pas passer inaperçu, de telle manière qu'il va directement pouvoir se faire une idée des points qu'il va pouvoir attribuer.  Après cela, va commencer le jugement proprement dit.

 

Assis derrière la table de jugement, il commence à sélectionner, en qualité et de visu, les oiseaux par classe et couleur.  Par la suite, il va donner à l'oiseau, qualifié le plus haut dans cette classe, le nombre de points et pour cela il ne va pas seulement tenir compte de la qualité des meilleurs oiseaux présents dans la salle mais aussi de la qualité des meilleurs oiseaux présents dans le pays.  Un juge qui prend ses responsabilités vis à vis des amateurs qui ont apporté des oiseaux, va essayer de se tenir au courant à chaque saison des changements de qualités des kakarikis présent dans le pays.

Une fois que le juge a établi le nombre de points du meilleur oiseau de la classe, il va juger le reste de la classe à l'aide du billet de jugement et ceci en valorisation décroissante de points.  Lorsque toutes les classes et couleurs ont été jugés, les oiseaux qui ont eu les meilleurs points repassent sur la table de jugement et le classement en qualité recommence, cette fois-ci avec les oiseaux de différentes espèces et couleurs et avec des différences de qualité minimales.  Régulièrement, les différences de qualité entre les meilleurs oiseaux sont tellement minimes, que la somme des bonnes caractéristiques et des petites fautes, pris en considération l'un contre l'autre doit donner la décision de savoir quel oiseau devient champion.  Un bon juge, lorsqu'il donne des mauvais points, dans une certaine rubrique, va toujours tenir l'oiseau à l'œil dans sa totalité.  En fin de compte, il s'agit de choisir le meilleur oiseau “all-round” qui deviendra champion. Il peut donc arriver qu'un oiseau un peu plus petit, avec une très bonne proportion mutuelle et un très bon maintien ait plus de points qu'un oiseau plus robuste avec une bonne couleur mais mal entraîné.  Un tel oiseau mal entraîné, va gâcher tout l'élément show.

 

En remplissant et signant le billet de jugement, le juge va se responsabiliser vis-à-vis de son jugement.  Que l'éleveur ne soit pas toujours d'accord avec ce jugement, est un fait établi, mais un autre fait est que la critique est dans beaucoup de cas non fondée.  Je ne veux pas dire non plus que le juge ne fait jamais de fautes.  Il ne faut pas oublier que juger un oiseau n'est qu'une opération d'un moment.  En seulement quelques minutes, le juge doit regarder votre oiseau et fixer son jugement sur papier.  Il peut arriver qu'un oiseau qui a eu le matin de mauvais points pour un plumage trop lâche ait l'après-midi une position dans la cage que son plumage lui colle littéralement à la peau et le contraire peut aussi avoir lieu.

 

L'attribution des points de groupes pour les stams

Pour un stam, c'est à dire quatre oiseaux d'une même espèce, couleur et sexe, il y a maximum 6 points de groupes qui sont attribués.  Afin d'assurer les uniformités requises par l'octroi des points de groupes, il y a des règles qui ont été rédigées.

La quantité maximum de 6 points de groupe est attribuée lorsque les quatre totaux finaux sur le billet de jugement sont égaux, par exemple 89 - 89 – 89 – 89.  S'il y a quand même des différences, alors la différence entre le plus haut et le plus bas des totaux de points est porté en diminution sur la quantité maximum de 6.

Exemple: un stam de 88 – 88 – 92 – 89; la différence entre la quantité de points le plus haut et le plus bas est 4.  Ce stam reçoit donc 6 – 4 = 2 points de groupe.  Lors d'une différence de 6 ou plus, il n'y a pas de points de groupe qui sont attribués.

Encore quelques autres exemples d'attributions de prix:

 

 94 + 94 + 93 + 93 + 5 = 379 second prix

 94 + 93 + 93 + 92 + 4 = 376 quatrième prix

 92 + 92 + 92 + 92 + 6 = 374 cinquième prix

 93 + 93 + 93 + 93 + 6 = 378 troisième prix

 94 + 94 + 94 + 93 + 6 = 382 premier prix

 

L'attribution de points de groupes pour des duos

Lors de concours organisés par la C.O.M. des duos ne sont pas demandés.  Ceci est aussi valable pour une très grande quantité d'associations nationales en Europe.  Chez A.N.B.v.V. (Algemene Nederlandse Bond van Vogelhouders = Association générale néerlandaise des détenteurs d'oiseaux), des duos sont demandés, pour cela, je vais expliquer la manière d'attribution des points de groupes.

Pour un duo, cela veut dire deux oiseaux de la même espèce, couleur et sexe, au maximum, 3 points de groupe sont attribués.

Lors de points ex aequo (total final) par exemple 94 + 94 = 3 points de groupe duo.

Un point de différence par exemple 92 + 93 = 2 points de groupe duo

Deux points de différence par exemple 91 + 89 = 1 point de groupe duo.

Lorsqu'il y a plus de 2 points de différence (par ex 92 – 89) il n'y a pas de points de groupe qui sont attribués.

Lors d'une égalité de points (total final) l'attribution des prix va avoir la préférence à celui qui a le plus haut chiffre de points de groupes.

 

 

Texte: H. W. J. van der Linden