Le genre Cyanoramphus – Les kakarikis

 

 

15. Préparation à l'exposition

 

 

Maints éleveurs ont vu passer sous le nez le championnat parce qu'ils ont négligé de préparer leurs oiseaux chez eux dans une cage d'exposition.  Ce n'est certainement pas une rareté que des oiseaux de meilleures qualités étaient évincés de la place la plus élevée par des oiseaux d'une qualité un peu moindre mais qui sont beaucoup mieux entraînés et conditionnés à passer sur la table des juges.

Un oiseau d'exposition doit en premier lieu être un oiseau de show.  Pour cela, une condition physique optimale et un plumage impeccable et rigoureux sont une première exigence.  Les oiseaux qui ne remplissent pas ces critères, ne pourront jamais avoir droit à une appréciation élevée.  De même, des oiseaux sales, non conditionnés, non entraînés et ayant peur vont avoir irrévocablement des mauvais points et ne font en plus pas de publicité pour un show.  Avec un peu d'efforts, de tels défauts peuvent être remédiés.

 

Une bonne méthode est de commencer directement les préparatifs après la mue. Commencez par contrôler d'abord tous les oiseaux qui à première vue semblent convenir à l'exposition s'ils ne présentent pas d'anomalies extérieures.  Les oiseaux avec des anomalies irréparables comme manquer un ongle ou un doigt, des doigts de travers ou le bec mal formé seront immédiatement enlevé de la sélection.  Il est tout à fait clair que de tels oiseaux n'ont pas leur place dans une exposition.  Ensuite nous contrôlons les oiseaux pour voir s'ils n'ont pas des plumes des ailes ou de la queue qui sont cassées.  Une de ces plumes cassées peut délicatement être retirée.   Pendant les semaines qui restent avant l'exposition, ces plumes repoussent.  Une fois que tous les oiseaux qui selon nous peuvent être pris en considération pour les expos ont bien été contrôlés, nous les logeons individuellement ou par deux dans des cages d'élevage.  Ils peuvent y rester jusqu’à 15 jours avant la date de l'exposition.

Le training proprement dit nécessite environ deux semaines de notre temps.  Pour cela, chaque oiseau est logé séparément dans une cage d'exposition.  Les oiseaux qui en général se perchent rapidement dans cette petite cage, sont de bons élèves, bien qu'il ne faut pas perdre courage s'ils ne le font pas directement.  Corriger les oiseaux se fait de préférence avec un bâton de jugement qui est aussi employé par le juge.  Essayez de faire monter les oiseaux que l'on vient de loger en cage sur le perchoir à l'aide du bâton de jugement.  Si cela fonctionne, faites la même chose avec l'oiseau suivant.  Surtout restez bien calme, même si tout ne se passe pas très facilement et pensez-y que vous n'arriverez à rien en vous fâchant.  Les oiseaux qui ne monteront pas encore sur leur perchoir au bout de quelques jours, et qui continuent à se comporter comme un animal aux abois à chaque fois que vous passez devant sa cage, vaut mieux être remis en volière.  Avec de tels oiseaux vous perdez votre temps.

 

Si vous êtes arrivés à dresser vos oiseaux qu'ils vont se percher dès que vous donnez un petit coup sur le grillage, alors vous commencez à bouger les cages.  Avant et pendant le jugement, les cages sont souvent déplacées et un oiseau qui y est habitué, à la fin, cela ne le dérange plus et vous ne risquez donc plus que l'oiseau soit perdu avant le jugement.  Apprenez aussi à votre oiseau à se tourner sur son perchoir.  Le juge doit pouvoir examiner l'oiseau sur tous les angles.  Pour cela utilisez à nouveau le bâton de jugement.  Ne faites tourner votre oiseau toujours qu'une seule fois, car sinon il ne comprendra plus le but de la manœuvre.  Une fois que l'oiseau s'est retourné, passez à la cage suivante.  Pendant la période d'entraînement, placez les cages à un endroit tel que vous devez toujours passer devant.  Les oiseaux s'habituent au trafic et au bout d'un moment restent bien gentiment perchés.  Faites aussi passer votre famille et vos amis devant les cages de telle manière que les oiseaux s'habituent aussi aux étrangers.  Certains éleveurs sont de vrais experts dans la préparation de leurs oiseaux.  Surtout en Belgique, les éleveurs consacrent beaucoup d'attention à la préparation et à l'entraînement des oiseaux et c'est un réel plaisir d'aller y juger.  Concernant l'élément show, nous pouvons encore beaucoup apprendre aux Pays-Bas de nos voisins du sud.

 

Les oiseaux d'exposition doivent être bien et lisses dans leurs plumes.  Nous pouvons arriver à cela en aspergeant pendant  les 15 jours avant l'expo les oiseaux avec de l'eau tiède.  Un appareil pour asperger les plantes peut très bien servir à cela.  Au début l'oiseau va se saisir, mais après avoir été mouillé, la plupart des oiseaux apprécient cette douche journalière.  Après que les oiseaux ont été aspergés, (surtout ne pas les détremper) ils commencent à faire leur toilette et chaque plume est remise à sa place.

 

Au niveau du plumage, des pattes, du bec et de la couleur, nous allons trouver souvent sur le papier de jugement des remarques que nous aurions pu prévenir.  Des petits points de mue, parfois encore présent sur la tête, dans ou près du cou en faible importance peuvent être retravaillés en pinçant dans la hampe quelques fois avec une pincette.  De cette manière la petite membrane casse pour laisser apparaître la plume.  Une seule petite plume panachée est considérée comme de forme panachée et coûte des points.  Une telle plume panachée est facilement à enlever avec une pincette.  Cela parle de soi que ceci ne peut pas se faire de manière invisible à tous les endroits du corps.  Sur la couverture du dos, une petite plume se voit en général directement et cela n'a donc aucune utilité car à ce moment-là, la condition du plumage est endommagée.  Des pattes rêches, une fois que vous les avez bien nettoyées, vous pouvez légèrement les frotter avec un peu d'huile pour bébés, mais n'enduisez pas trop car alors l'oiseau salit son plumage et cela ne vous avance à rien.  Les Kakarikis ont de nature des ongles relativement longs et donc beaucoup moins de problèmes d'ongles trop longs vis-à-vis des autres psittacidés.  Des ongles vraiment trop longs doivent être coupés.  Ceci se fait de préférence avec un ciseau à ongles et ensuite il faut les limer un peu avec une lime à ongle.

Pendant la période d'entraînement, l'alimentation doit avoir une attention très particulière.  Nourrissez vos oiseaux pendant la période d'expositions de telle manière qu'ils prennent un peu plus de poids.  Ceci a comme avantage que l'oiseau se comporte de manière plus calme et de plus cela compense de la perte éventuelle de poids qui peut avoir lieu pendant l'exposition.

Il faut cependant être prudent car un oiseau trop gros n'est jamais au top.

Enfin veillez à ce que vos oiseaux voyagent vers la salle de jugement dans une cage impeccablement nette.  Rien n'est plus dérangeant qu'une cage sale et de plus ce n'est pas une publicité pour la détention d'oiseaux.

 

Voici encore quelques causes qui peuvent influencer un jugement de manière défavorable mais qui est plus imputable à la méconnaissance des comités d'exposition.  Je veux quand même vous en parler.

Certaines associations organisatrices laissent juger les oiseaux dans des locaux froids comme dans un frigo.  Il va de soi que les oiseaux ne peuvent jamais être dans une condition optimale.  Des oiseaux apathiques, avec le plumage lâche en est la suite.  Une salle de jugement doit être chauffée de manière modérée.  Transporter un oiseau d'un endroit très froid vers un endroit chauffé où se trouve le juge a peu de sens car l'oiseau a besoin de beaucoup de temps pour s'habituer aux circonstances modifiées.

Un autre point est la luminosité dans la salle.  Régulièrement cela m'est arrivé que les tentures doivent encore être ouvertes lorsque je rentrais dans la salle de jugement.  Jusqu'à ce moment-là, les oiseaux étaient quasiment dans le noir.  La suite est que les oiseaux qui sont jugés les premiers ont plus l'attention tournée vers leur mangeoire que pour le juge.  L'on entend souvent les remarques telles que: “Cet après-midi ils ont donné des points plus élevés que ce matin” et c'est correct et confirment ce que je viens d'expliquer.  En général la température dans les sales non chauffées est devenue un peu plus supportable l'après-midi et les oiseaux ont eu le temps de s'alimenter.

Ceux parmi vous qui exposent des oiseaux peuvent faire part à leurs organisateurs de ces différents points.  Il est en fin de compte de notre intérêt que nos résultats de reproduction soient jugés sous les meilleures conditions.

 

 

Texte: H.W.J. van der Linden