Perruches ondulées (7)

La nourriture dans la pratique

 

Après l'exposé théorique du chapitre précédent, il sera sans aucun doute devenu bien clair que la composition d'une nourriture "valable" est une chose qui est tout, sauf simple, et qu'un bac de grit et un abreuvoir d'eau ne sont de loin pas suffisants pour satisfaire aux besoins de nos oiseaux.

Pour commencer, nous pouvons partir du fait qu'aucun mélange de graines ne contient en doses suffisantes tous les acides aminés nécessaires. Le plus souvent les mélanges qu'on trouve dans le commerce manquent d'arginine et de lysine, tandis que les mélanges à meilleur marché présentent en plus un manque de thréonine. Pour être certain autant que possible d'une composition constante du mélange de graines, je le fais moi-même, ce mélange. Rien que du point de vue économique, cela vaut déjà d'être recommandé. Car la T.V.A. sur certains mélanges est de 19% et sur les graines simples, elle n'est que de 7% si bien qu'en faisant soi-même le mélange, le prix de revient n'est plus majoré que de 12%. Au surplus, les graines qui sont soumises à des fluctuations de prix parfois importantes peuvent être achetées aux moments les plus favorables. Il suffit pour cela de disposer d'un bon espace de stockage très sec afin qu'elles ne puissent pas moisir.

 

Comme mélange de graines standard, j'emploie les graines suivantes dans les pourcentages indiqués pour chacune d'elles :

20% d'alpiste

10% de millet du Sénégal

40% de millet Plata

10% de millet japonais

  4% de sarrasin

  4% d'avoine (décortiqué)

  4% de paddy (riz non décortiqué)

  2% de chènevis

  2% de sésame 

  2% de graines de tournesol

  2% de niger

 

Si nous étudions maintenant le tableau de la figure 7, nous voyons que les sept semences citées d'abord, c'est-à-dire 92% du mélange, sont riches en hydrate de carbone; les 8% restants, à savoir le chènevis, le sésame, le tournesol et le niger sont particulièrement riches en graisse. Dans ce mélange, à l'exception de la lysine, tous les acides aminés essentiels sont représentés en bonnes quantités. (Comparez avec le tableau de la figure 8)

 

Fig. 7

 

Valeur moyenne en pourcentage

Espèces de graines

pb

mgb

cb

hdc

cen

hum

 Ca

P

Alpiste

15,1

6,1

5,3

56,0

4,7

12,8

0,05

0,55

Millet du Sénégal

11,1

3,7

8,9

59,0

3,8

12,7

0,03

0,32

Millet Plata

11,1

3,7

8,9

59,8

3,8

12,7

0,03

0,32

Millet japonais

11,1

3,7

8,9

59,8

3,8

12,7

0,03

0,32

Sarrasin

11,5

2,4

10,8

57,8

2,4

15,1

0,04

0,30

Avoine (décortiquée)

13,9

8,0

1,5

64,2

1,8

10,6

0,09

0,41

Paddy

  7,1

2,1

10,0

64,1

5,1

11,6

0,06

0,21

Chènevis

19,5

32,1

16,9

18,0

4,8

8,7

0,81

0,76

Sésame

20,9

50,0

  4,5

13,6

5,4

5,6

1,30

0,72

Graine de tournesol

14,9

29,8

26,9

17,5

3,1

7,8

0,18

0,45

Niger

20,7

42,2

13,5

13,1

3,9

6,6

0,43

0,65

 

Fig. 8

 

Pourcentage d’acides aminés dans les protéines

% blanc d’œuf

3,8

7,0

5,0

2,0

1,6

3,6

3,5

3,0

6,5

3,5

1,0

4,0

5,0

2,0

Esp. de graines

iso

leu

lys

met

cys

m+c

fen

tyr

f+t

thr

try

val

arg

his

Alpiste

4,0

6,6

2,0

1,3

 

 

5,4

2,3

7,7

2,3

1,9

3,4

5,1

2,1

Millet du Sénégal

4,0

11,5

1,8

2,7

1,8

4,5

5,3

3,7

9,0

3,1

1,2

5,4

3,7

2,1

Millet Plata

4,0

11,5

1,8

2,7

1,8

4,5

5,3

3,7

9,0

3,1

1,2

5,4

3,7

2,1

Millet japonais

4,6

11,6

1,7

1,8

2,8

4,6

5,8

2,4

8,2

3,7

1,0

6,2

3,7

1,9

Sarrasin

4,0

6,3

5,4

1,9

2,4

4,3

4,6

3,0

7,6

3,9

1,7

5,4

9,4

2,4

Avoine

3,9

7,0

3,6

1,5

2,5

4,0

4,8

3,6

8,4

3,4

1,3

5,4

6,5

2,1

Paddy

3,8

7,0

4,7

2,0

2,0

4,0

4,5

3,8

8,3

4,0

1,0

6,0

7,9

2,5

Chènevis

4,4

7,7

2,7

2,2

 

 

5,8

 

 

3,8

1,5

6,3

5,0

3,9

Sésame

3,8

6,7

2,5

2,8

2,1

4,9

4,5

3,7

8,2

3,5

1,4

4,8

11,9

2,4

Tournesol

4,4

6,5

3,4

2,2

1,7

3,9

4,5

2,6

7,1

3,6

1,4

5,0

8,1

2,4

Niger

4,3

6,2

3,7

2,1

2,2

4,3

4,3

2,5

6,8

3,5

1,5

5,4

8,5

2,2

 

II n'est pas possible de composer tout au long de l'année le même mélange. Non seulement nous avons à faire à différentes variétés de logements: l'espace peut être chauffé, non chauffé, intérieur, extérieur, grand ou petit, mais nous connaissons aussi des périodes différentes comme la croissance, l'élevage, la mue. Il va de soi que nous devons tenir compte pour la composition de la nourriture des circonstances toujours changeantes et des besoins de nos oiseaux selon ces circonstances. J'espère par un simple exemple vous rendre ici mon propos suffisamment clair.

Si les oiseaux sont logés en hiver dans un espace non chauffé, si le gel est important, il faut augmenter de quelques pourcent la quantité de semences de sésame et de tournesol et diminuer d'autant la quantité de millet. Si les oiseaux sont trop gras, il faut leur distribuer plus de graines riches en hydrate de carbone et moins de celles riches en graisse.

 

Quantité dans le mélange durant la période d'élevage et de mue:

40% d'alpiste

  8% de millet du Sénégal

  8% de millet Plata

  8% de millet japonais

  8% de sarrasin

  8% d'avoine (décortiqué)

  8% de paddy (riz non décortiqué)

  2% de chènevis

  5% de sésame

  2% de tournesol

  3% de niger

 

Mélange recommandé dans la période qui précède l'élevage:

25% d'alpiste

10% de millet du Sénégal

30% de millet Plata

10% de millet japonais

  5% de sarrasin

  5% d'avoine (décortiqué)

  5% de paddy (riz non décortiqué)

  4% de chènevis

  2% de sésame

  2% de tournesol

  2% de niger

 

Mélange recommandé pour la croissance des jeunes

40% d'alpiste

10% de millet du Sénégal

10% de millet Plata

25% de millet du Japon

  1% de sarrasin

  5% d'avoine (décortiqué)

  1% de paddy (riz non décortiqué)

  1% de chènevis

  5% de sésame

  1% de tournesol

  1% de niger

 

II ne vous échappera pas que dans les mélanges donnés, ce sont toujours les mêmes espèces de graines qui interviennent. Ceci est fait pour éviter la désaccoutumance de certaines d'entre elles. Si l'on supprime une certaine espèce durant une période donnée, on court le risque que les oiseaux ne voudront plus en prendre si on la rajoute dans le mélange de la période suivante. Les perruches ondulées sont particulièrement difficiles dans ce domaine.

 

Par la composition variée des espèces de graines et par les différences entre elles en valeur alimentaire (voyez les tableaux 7 et 8), il est possible de toujours adapter le mélange aux besoins changeants des oiseaux. La façon dont les oiseaux sont logés joue ici un rôle principal. Par exemple, une perruche en grande volière dépense plus d'énergie et a donc besoin d'une autre alimentation que la perruche qui est détenue dans une cage d'élevage. Les périodes de couvaison, d'élevage et de mue, ainsi que le climat et le nombre d'heures d'éclairage ont une influence dans les besoins en nourriture. Certaines substances peuvent être stockées dans le corps, d'autres s'influencent l'une l'autre de façon chimique si bien qu'ici également les besoins sont variables. Finalement il s'avère que ces besoins sont différents pour chaque individu. Il est toutefois clair que nous ne pouvons pas composer un menu spécial pour chacun, mais nous devons nous adapter à la moyenne des besoins de nos oiseaux.

 

De ce qui précède, je pense qu'il est devenu clair que vous ne pouvez pas prendre à la lettre les mélanges donnés, certainement pas en ce qui concerne les répartitions en pourcentage. Les pourcentages que je donne sont à prendre comme ligne de conduite. Il faut, si nécessaire, vous adapter aux besoins alimentaires de vos perruches ondulées.

Vous y réussirez très bien avec toutes les informations que vous possédez maintenant.

 

Pour conclure ce chapitre, je veux maintenant vous présenter brièvement les différentes espèces de semences.

 

L'alpiste

L'alpiste est la graine de canari par excellence, il se retrouve, à côté des différentes espèces de millet, dans la plupart des mélanges de volière. L'alpiste se termine par deux extrémités pointues et son noyau est brun. II appartient à la famille des graminées. Il est principalement cultivé aux USA., en Argentine, au Canada, dans l'Europe méridionale et orientale et au Maroc. L'alpiste le meilleur provient du Maroc. Il contient une haute teneur en protéines. II est riche en leucine, arginine et tryptophane mais par contre pauvre en lysine et il manque totalement de cystine. Son prix est très fluctuant. Lorsqu'on dispose d'un bon espace de stockage, il est à conseiller de s'en faire une provision lorsque le prix en est favorable.

 

Le millet du Sénégal

Sous ce nom, est présentement vendu une "manne" originaire d'Argentine (mohair jaune d’Argentine). On ne peut plus depuis longtemps se procurer le véritable millet du Sénégal. Cette espèce de millet rond granuleux est volontiers mangé par les perruches ondulées. Les graines contiennent un pourcentage raisonnable de protéines et sont riches en leucine et phénylalanine, mais pauvre en lysine, arginine et thréonine. Les autres acides aminés sont présents dans une bonne proportion.

 

Le millet Plata

Cette semence de millet, d'une graine un peu plus brute que la manne, est un peu plus petite que le millet blanc bien connu. Bien que l'amateur d'oiseaux fasse nettement la différence entre les diverses espèces de millet, tous font partie, scientifiquement parlant, des graminées.

La composition en acides aminés de cette variété de millet est comparable à celle du millet.

 

Le millet japonais

Comment en est-on arrivé à ce nom? Ce n'est pas évident. Le millet dit japonais ne provient pas en fait du Japon mais d'Australie. Le grain de cette espèce est plus ou moins triangulaire. Sa couleur est grisâtre brun clair et donne une impression défraîchie. Les oiseaux en raffolent. Il est riche en leucine, cystine, phénylalanine et valine et pauvre en lysine, arginine, méthionine, tryptophane et histidine. C'est un des millets les plus coûteux.

 

Le sarrasin

Le sarrasin n'est pas une semence mais un fruit. II est de couleur brun grisâtre et de forme plus ou moins triangulaire. C'est une graminée d'origine asiatique qui provient actuellement du Brésil, du Canada et de Chine mais qui est cultivée dans nos champs sur une petite échelle.

Les hydrates de carbone se composent d'amidon et d'un peu de sucre. Le sarrasin est riche en arginine et lysine. II fait facilement l'affaire des oiseaux.

 

L'avoine

L'avoine est une plante largement cultivée partout aux Pays-Bas. C'est une graminée généralement connue. L'avoine décortiquée est obtenue par séparation du grain d'avec l’enveloppe. On la retrouve pour ainsi dire dans tous les mélanges pour perruches. Elle a une bonne réputation comme nourriture pour oiseaux avec une excellente teneur en amidon, protéines et graisse. L'avoine est pauvre en lysine, mais contient beaucoup d'arginine, de vitamine B et de vitamine E, de potassium et de phosphore.

 

Le paddy

Le paddy n'est rien d'autre que du riz décortiqué. C'est la principale source de nourriture pour plus de la moitié de la population mondiale. Il est surtout produit en Asie et en Amérique. On le rencontre également en Italie et dans le sud de la France sur une échelle moindre. Il contient beaucoup d'arginine et sa teneur en lysine est convenable en protéine.

 

Le chènevis

Le chanvre est une plante textile fibreuse annuelle de l'Asie centrale. Sa fibre libérienne est employée en tissus d'emballage, en cordages de marine et en toiles grossières. Ses graines servent entre autres dans l'alimentation des oiseaux.

Comme la résine extraite de la fleur de chanvre produit le hachisch, il est interdit de semer du chènevis dans notre pays. Les semences ont une couleur brunâtre. Le chènevis employé chez nous est importé de Russie, de Chine, du Chili et du Liban. On le cultive aussi en France.

Le chènevis est particulièrement riche en graisses et en protéines. Sa teneur en leucine et valine est élevée, mais le chènevis manque par contre de cystine et de tyrosine.

 

Le sésame

La plupart d'entre vous reconnaîtront bien les petites graines jaunâtres plutôt plates qui parsèment certains pains. Le sésame est une plante herbacée qui croit surtout en Chine, dans l'Asie orientale et l'Afrique orientale. La graine contient 50% d'huile qui ressemble à l'huile d'olive et est employée pour beaucoup d'usages. Le sésame a une haute teneur en protéines et est riche en méthionine et cystine. II se couvre rapidement de moisissure.

 

Les graines de tournesol

Le tournesol appartient à la famille des composées et trouve son origine en Amérique du Nord. Ces hautes plantes de 2 à 3 m à grosse inflorescence jaune sont très prisées comme plantes ornementales. Les tournesols sont également cultivés comme plantes oléagineuses. II en existe donnant diverses graines: blanches, noires, striées grises et striées noires. Les graines blanches proviennent du Kenya et d'Egypte, les noires d'Amérique, les striées entre autres d'Argentine, du Canada, de Hongrie et de Chine. En ce qui concerne leur valeur alimentaire, il n'y a pas de différence entre les graines de tournesol différemment colorées.

 

Le niger

C'est une plante plutôt sauvage dont l'inflorescence et la formation de la semence sont celles du chardon. Les petites graines sont de couleur gris noir. Le niger provient principalement d'Ethiopie mais de l'Inde également; il est particulièrement riche en graisses et en protéines et possède un panel d'acides aminés favorable. A noter encore des quantités appréciables de calcium, phosphore et manganèse.

 

Nourriture complémentaire

Comme nous l'avons déjà dit, un mélange de semences ne suffit pas à lui seul à nos oiseaux. Personnellement, je leur dispense toute l'année durant une pâtée à l'oeuf vendue dans le commerce contenant une dose supplémentaire de méthionine et de lysine. En période de couvaison, d'élevage et de mue, je la leur fournis sans limite, c'est-à-dire que les oiseaux en prennent à volonté. En période d'élevage, la quantité est naturellement très dépendante du nombre de jeunes, mais cela revient en pratique à environ 25% de la ration journalière. Dans la période dite de repos, je donne la même pâtée a l'oeuf mais fortement rationnée. Je distribue en plus tous les jours un peu de verdure ou une petite dose de grains à peine germés tels que blé, avoine, orge, dari ou mangue. Les oiseaux en cage d'élevage ou les jeunes qui viennent de prendre leur envol reçoivent toujours du vieux pain trempé dans du lait. Ils en reçoivent parfois aussi en période de couvaison pour varier le menu. Mes oiseaux en prennent volontiers et cela me donne ainsi la possibilité, si nécessaire, d'y ajouter un médicament.

 

Pâtée à l'œuf

La pâtée à l'oeuf apporte des compléments qui manquent aux graines tels que acides aminés, vitamines, minéraux et
oligo-éléments. C'est donc question de savoir si la pâtée à l'oeuf que nous employons contient effectivement les compléments nécessaires. Les pâtées à l'oeuf qu'on trouve dans les magasins spécialisés sont souvent de composition différente, d'où bien sur de fortes différences quant à la teneur en protéines.

Bien que cette teneur ne soit pas un facteur à dédaigner, c'est surtout la présence des acides aminés qui est importante. Beaucoup trop d'éleveurs encore ne s'intéressent exclusivement qu'à une haute teneur en protéines comme facteur d'une bonne alimentation. Cette façon de faire n'est pas correcte. Une quantité trop élevée de protéines alimentaires peut provoquer des troubles de la digestion dont, entre autre, des dérangements intestinaux. La digestibilité en est alors mal influencée. Disons simplement que les acides aminés sont les pierres de base de la formation des protéines. Le manque d'un certain acide aminé, comme nous l'avons vu dans un chapitre précédent, peut faire obstacle à la fabrication de protéines par le corps lui-même. Les fabricants qui sont convaincus de la qualité de leurs produits donnent sur l'emballage non seulement une description des ingrédients mais ils en fournissent également une analyse claire. Ils mentionnent aussi sur l'emballage la date de production et la date de validité de leurs produits. Un grand inconvénient des pâtées à l'oeuf en vrac est le manque fréquent de l'analyse du produit et de la date de validité.

 

Maints éleveurs préfèrent préparer eux-mêmes la pâtée à l'oeuf de leurs oiseaux. C'est une chose parfaitement possible sur la base des données fournies.

Comme base, on peut prendre des biscuits moulus et des oeufs durs. On peut relever la teneur en protéines par de la farine de soja. Il faut encore y ajouter une préparation vitaminée à laquelle ne peuvent manquer ni calcium ni phosphore.

 

A propos de farine de soja, disons qu'il est préférable de se fournir dans un magasin diététique. Les galettes de soja sont souvent mal accueillies. Certains éleveurs achètent parfois de la farine de soja de moins bonne qualité qui n'est pas suffisamment à point, ce qui peut provoquer de la diarrhée dans les nichées de jeunes.

 

A part cet exemple de préparation d'une pâtée à l'oeuf , il existe encore beaucoup de possibilités de préparer soi-même une alimentation valable qu'on puisse adapter à toute circonstance. Il est possible que certains amateurs, sur la base de connaissances nouvellement acquises, se sentent plus ou moins forcés, par les mauvais résultats d'élevage qui se répètent chaque année, d'oublier radicalement leur ancienne façon de faire. C'est surtout àces gens que je voudrais encore donner quelques conseils d'ami : ne donnez jamais une préparation multivitaminée du commerce en dépassant la dose indiquée sur l'emballage et ne mélangez jamais cette préparation à une alimentation fortifiante ou déjà sur vitaminée. Accordez beaucoup d'attention enfin à une nourriture simple mais complète pour vos oiseaux et ne perdez pas votre temps à expérimenter toutes sortes de trucs pour augmenter les désirs sexuels, les performances de fécondation et autres; c'est de l'argent jeté par les fenêtre et cela n'avance à rien.

 

Les graines germées

La plupart des détenteurs d'oiseaux attachent extraordinairement de valeur aux graines germées. Cela est valable dans une certaine mesure. La graine germée est une verdure valable, facilement digestible et riche en vitamines, mais elle n'est pas plus que cela. Toute estimation trop élevée est une surestimation. Raisonnons avec bon sens, mais aussi avec réalisme.

 

La graine normale contient à peu près 12% d'humidité. Quand nous la laissons tremper quelques jours dans l'eau pour la faire germer, le degré d'humidité peut monter jusqu'a 90%. L'eau, et certainement l'eau de ville, contient peu de substances nutritives. C'est par conséquent contre toute logique d'attribuer à une graine gorgée d'eau une valeur nutritive plus élevée qu'a une semence ordinaire. Au contraire, plus le pourcentage d'humidité est élevé dans la nourriture, plus bas est la valeur de cette nourriture.

La germination emploie de l'énergie, ce qui peut faire perdre jusqu'a 25% de valeur nutritive. Pas question par conséquent d'une augmentation de qualité de la valeur nutritive.

 

Un avertissement est nécessaire contre la distribution de quantités illimitées de graines germées et le traitement injustifié des graines à faire germer. Une germination inadéquate peut conduire à des phénomènes d'empoisonnement (formation de nitrite). Un point qui mérite plus ample explication.

 

Durant la germination normale, c'est-à-dire lorsque le grain est semé sur les champs, la plante "en croissance", absorbe du sol, en même que l'eau, des matières nutritives. La principale de celles-ci est le nitrate (N03). L'engrais du sol est transformé par des bactéries en nitrite (N02) et ensuite en nitrate. Une basse ou une haute teneur du sol en nitrate amène une basse ou une haute teneur correspondante dans le produit en train de se développer. Les plantes, et par conséquent leurs graines également, possèdent toujours une certaine teneur en nitrate. C'est sous forme de nitrate que l'azote de l'air est absorbé par les plantes. Comme l'azote influence très fortement la croissance des végétaux, les nitrates jouent un rôle très important comme engrais. Cette transformation fait partie du cycle de l'azote dans les plantes. Ces nitrates ne sont pas en soi des poisons. Mais les nitrates peuvent se transformer en nitrites, ce qui change la face des choses.

 

Si nous faisons maintenant germer les graines dans l'eau, le nitrate peut s'y transformer en nitrite dans certaines conditions. La possibilité existe donc que naisse un mélange empoisonné. Le fait de faire germer les graines dans des circonstances défavorables, comme par exemple la germination dans de l'eau chaude, la germination sur un sous-sol chaud, un rinçage insuffisant des graines à germer, sont toutes des possibilités d'empoisonnement par le nitrite. Si toutefois vous tenez compte de ces éléments et agissez en conséquence, et si vous ne donnez que de petites quantités de graines germées, vous n'avez pas à craindre des transformations non souhaitées.

 

La verdure

La valeur alimentaire de la verdure et l'importance qu'il y a à en donner aux perruches ondulées est diversement appréciée par les éleveurs. Je trouve personnellement que c'est une bonne chose de donner régulièrement, à côté d'un peu de graines germées, un peu de verdure et cela, non seulement parce que les oiseaux en mangent volontiers mais surtout pour les vitamines, les minéraux et les oligo-éléments qu'elle contient. A côté de la salade, de l'endive, du persil, de la carotte et toutes sortes de fruits comme la pomme, la poire, la prune et le raisin , toute une série de plantes sauvages peuvent aussi être prises en considération. Parmi les verdures et les semences de graminées que les oiseaux mangent volontiers, citons: le mouron des oiseaux, le pissenlit, le millefeuille, le plantain lancéolé, la persicaire, l'arroche, la surelle, l'oseille, la bourse à pasteur, le séneçon, l'armoise vulgaire et d'autres sortes de graminées encore. Ajoutons que l'avoine mi-mûre, le froment en épi et l'épi de maïs frais sont d'excellentes nourritures vertes. Les gratte-cul (ou cynorhodons) et les sorbes sont souvent bien appréciés. Retenons aussi que les épis de maïs mi-mûrs, les gratte-culs et les sorbes peuvent très bien se conserver en congélateur.

 

Des branches à ronger

Des branches fraîches et des rameaux de saules et d'arbres fruitiers entre autres doivent toujours être présents. A côté des bourgeons qu'ils mangent entièrement, les oiseaux mordillent volontiers les écorces fraîches. L'écorce contient en plus de la cellulose une riche variété de minéraux et d'oligo-éléments.

 

Grit, sépia, gravier pour estomac

II est nécessaire que les oiseaux puissent toujours disposer de grit, de sépia et de gravier pour l'estomac. Les deux premiers apportent le calcium nécessaire à la formation et à la bonne conservation du système osseux et à la formation de l'écaille des oeufs. Et parce que le calcium ne peut servir à l'oiseau que s'il se trouve en combinaison avec la vitamine D3 et que cette vitamine ne se trouve pas dans la pâtée à l'oeuf, il faut donc l'y introduire. Cependant, l'administration de vitamine D3 sous forme de gouttes doit être déconseillée parce que le détenteur d'oiseaux ne peut pas se rendre compte de combien de vitamine D3 l'oiseau a besoin. Une overdose durant toute une période conduira à la décalcification du squelette. Dans les pâtées à l'oeuf de bonne marque, la vitamine D3 est exactement dosée.

 

L’eau

L'eau qu'on offre aux oiseaux doit être d'une bonne qualité potable, c'est-à-dire l'eau du robinet, elle doit être fraîche chaque jour. Parce qu'une eau potable polluée peut être considérée comme pouvant transmettre une maladie potentielle, il faut prêter une attention spéciale a l'hygiène de l'eau. Des abreuvoirs ouverts sont vite souillés, surtout par les déjections. Les fontaines à eau potable bien connues peuvent également très vite être polluées. Des échantillons d'eau de fontaine peuvent déjà après 24 heures contenir des quantités incroyables de micro-organismes capables de propager la maladie. Après 48 heures, la quantité de micro-organismes dans l'eau a augmenté dans une mesure telle que la santé des oiseaux est menacée dans de sérieuses proportions. Le risque que les oiseaux courent d'altérer leur santé en buvant une eau de fontaine ouverte qui serait vieille de deux jours est tout simplement a déduire de ce qui précède: absolument inacceptable.

L'idéal est l'emploi d'un abreuvoir muni d'un bec verseur en acier inoxydable auquel pend toujours une goutte à sa partie inférieure.

 

Texte: H.W.J. van der Linden