6. La nourriture

Chacun sait qu’une auto ne se déplace pas par elle-même. L’énergie nécessaire pour la mettre en mouvement est produite par la combustion de l’essence. Cette carburation est produite par l’arrivée d’oxygène sur une substance chimique, le mélange libérant de l’énergie.

 

Une procédure semblable de combustion quoique moins explosive se passe à un rythme ralenti dans les cellules des organismes vivants. Le carburant nécessaire est ici le sucre. Ceci vous semble peut-être surprenant mais notre pain quotidien est lui aussi transformé en sucre par notre digestion, j’y reviendrai tout de suite. Le sucre qui est libéré dans le sang en ressortirait toutefois tout aussi vite qu’il y est entré s’il y n’était pas retenu par les cellules. Cette « retenue » du sucre est rendue possible parce que quelques molécules de sucre se fusionnent pour former une molécule de glycogène, un sucre complexe d’une teneur plus élevée qui est stockée dans la cellule pour pouvoir être employé comme source d’énergie. La transformation du sucre en glycogène (métabolisme) se fait par des enzymes ou ferments. Nous n’allons pas nous arrêter sur la façon dont travaillent ces enzymes.

 

Nous savons donc qu’un organisme vivant, tout comme une auto qui doit effectuer un travail, doit être alimentée en combustible : l’essence pour l’auto, le glycogène pour la fibre musculaire. Un être vivant se distingue toutefois de l’auto par le fait qu’il peut lui-même faire le travail. En plus des substances de fonctionnement, il a donc également besoin de matériaux de construction non seulement durant la croissance mais également durant toute sa vie d’adulte parce que ses cellules s’usent et doivent continuellement être transformées pour en former constamment de nouvelles.

Certains animaux toutefois, comme les papillons, n’ont qu’une courte durée de vie une fois devenus adultes, et ils se nourrissent exclusivement de sucre qu’ils trouvent dans le nectar des fleurs. Ils n’ont donc besoin que des matériaux de fonctionnement qui doivent leur fournir l’énergie pour leur travail.

 

Tout autre organisme en croissance ne peut pas se contenter de sucre. Le principal constituant du protoplasme des cellules, ce sont les protéines. Celles-ci sont composées d’acides aminés lesquels possèdent l’azote qui fait complètement défaut au sucre. La graisse non plus, dont on ne peut se passer comme matériau et qui est d’une importance tout aussi essentielle par ses multiples acides gras insaturés, ne possède pas d’azote si bien que les protéines de la nourriture sont indispensables pour l’organisme en croissance et pour le remplacement des cellules usées.

 

Au fond, toute la vie sur terre est dépendante du règne végétal. S’il n’existait que des carnivores, le monde animal aurait disparu depuis longtemps. C’est pourquoi il est important que la plupart des animaux soient des herbivores. Les plantes à leur tour ont également besoin de nourriture. Avec le dioxyde de carbone, un composé chimique de carbone et d’oxygène (CO2), présent en petites quantités dans l’air, et avec l’eau (H2O), elles fabriquent par photosynthèse le colorant vert des feuilles, c’est-à-dire la chlorophylle, et en utilisant l’énergie solaire, du sucre et de l’amidon. L’oxygène ainsi produit est alors rendu à l’atmosphère. On estime que le règne végétal libère annuellement de cette façon 400 milliards de tonnes d’oxygène.

 

Les hydrates de carbone produits et certains sels inorganiques tels que les phosphates, les nitrates et les minéraux du sol sont utilisés par les plantes pour constituer des protéines, des graisses et d’autres combinaisons organiques.

L’énergie nécessaire à ces symptômes est délivrée par la combustion des hydrates de carbone. De ceci et du fait qu’aucun animal n’est capable d’assimilation comme le sont les plantes vertes, il apparaît que le règne végétal est la source de toute nourriture. Nous sommes donc tous par là des végétariens.

 

J’ai ainsi nommé les principaux éléments alimentaires : les hydrates de carbone, les graisses et les protéines. Ils sont tous trois représentés, façon de parler, dans un petit pain au fromage. Analysons maintenant d’un peu plus près ces principaux éléments de la nourriture.

 

Les hydrates de carbone

Les hydrates de carbone, le nom le dit, sont composés d’une combinaison de carbone (C), d’hydrogène (H) et d’oxygène (O), ces deux derniers dans le même rapport que dans l’eau (H2O). Le sucre de raisin ou glucose a comme formule C6H12O6 si bien qu’une molécule de sucre est composée de 6 atomes de carbone, de 12 atomes d’hydrogène et de 6 atomes d’oxygène.

 

Comme je l’ai déjà fait remarquer au début, les sucres jouent un grand rôle dans la vie des plantes et des animaux. Ce qui est glycogène pour l’animal est amidon pour la plante. L’amidon et le glycogène sont donc des hydrates de carbone d’une plus haute teneur par fusion de plusieurs molécules de sucre.

 

On peut sommairement diviser les hydrates de carbone en trois groupes :

1. Les monoglucides, aussi appelés sucres simples, sont

    subdivisés suivant le nombres d’atomes de carbone par

    molécule. Parmi eux, le sucre de raisin ou glucose.

2. Les oligoglucides sont subdivisés suivant le nombre d’unités de

    sucre par molécule. Parmi eux, citons le sucre de lait ou

    lactose, une partie importante du lait.

3. Les polyglucides ou sucres multiples sont des polymères des

    sucres et des acides sacchariques. Quelques exemples:

    l’amidon et le glycogène, mais aussi la cellulose (une des

    substances importantes des fibres végétales).

 

Les graines sont des fournisseurs importants des hydrates de carbone parce qu’elles contiennent beaucoup d’amidon. Des résidus d’hydrate de carbone peuvent se transformer en graisses dans le corps des oiseaux.

 

Les graisses

Les graisses sont du point de vue chimique des combinaisons de glycérol avec un, deux ou trois acides gras semblables ou differents. Elles comprennent les mêmes éléments que les hydrates de carbone, mais dans d’autres proportions.

 

Lors de l’échange cellulaire, les graisses de la nourriture pourront être en partie directement employées mais elles doivent d’abord être subdivisées en acides gras et glycérol. La valeur calorique de la graisse est deux fois aussi élevée que celle des hydrates de carbone. C’est surtout comme « réserves » que les graisses sont de grande importance pour nos oiseaux, mais il faut bien nous mettre en tête que tout excès nuit.

 

On peut diviser les graisses en acides gras saturés et insaturés. Certains acides gras, appelés acides gras essentiels, doivent être présents dans la ration habituelle parce qu’ils ne peuvent pas être obtenus à partir d’autres acides gras ou hydrates de carbone. Pour les oiseaux, l’acide gras linoléique semble être d’une importance essentielle, on le trouve dans la semence de sésame, dans les grains de blé et de tournesol, dans l’acide de l’arachide et l’huile de foie de morue. Des déficiences en acide gras linoléique ont pour conséquence une croissance amoindrie et la stérilité. La graisse est aussi porteuse des vitamines A, D, E, et K qu’elle rend solubles.

 

Les protéines

Les protéines sont de structure beaucoup plus compliquée que les hydrates de carbone et les graisses. Elles comprennent outre carbone (C), hydrogène (H) et oxygène (O), toujours également de l’azote (N) et parfois aussi du soufre (S), parfois encore du phosphore (P) ainsi que du fer, du cuivre, du zinc et du manganèse.

 

Les molécules des protéines du protoplasma comprennent des milliers d’atomes si bien qu’elles portent avec raison le nom de macromolécules.  Elles ne sont cependant pas visibles pour autant et loin en dessous du seuil de visibilité de la plus petite des substances. Les protéines sont constituées par l’association d’acides aminés reliés par les liaisons peptiques. Les recherches ont abouti à la connaissance de 19 acides aminés importants. Le nombre des combinaisons possibles de ces 19 molécules d’acides aminés se monte aux environs de 120 mille billions.

 

Devant une structure aussi compliquée, rien d’étonnant à ce que la science ne soit pas encore arrivée à connaître complètement les protéines. On a cependant réussi à connaître la structure de certaines d’entre elles mais en ce qui concerne la fine structure de la protéine vivante, on tâtonne encore dans l’obscurité. Durant le processus de la digestion, les protéines contenant de l’azote sont morcelées par les enzymes pour en faire des substances chimiques simples, après quoi de nouvelles protéines peuvent être formées. Durant le processus de transformation ou métabolisme, certains acides aminés précis peuvent être changés en d’autres acides aminés. Les acides aminés qui peuvent être transformés dans le corps des oiseaux en d’autres, nous les appelons des acides aminés non essentiels. La methionine peut se transformer totalement en cystine. De même la phénylalanine peut devenir la tyrosine.

 

Pour nos oiseaux, 10 acides aminés sont essentiels que je donne ici pour être complet: l’arginine, l’histidine, l’isoleucine, la leucine, la lysine, la méthionine, la phénylalanine, la thréonine, le tryptophane et la valine.

 

Dans la nourriture que nous dispensons à nos oiseaux, il faut que les acides aminés essentiels soient présents en quantité suffisante. S’il en manque un, la formation d’une certaine protéine en est stoppée. La même situation se produit dans la construction d’une maison là où manque le ciment nécessaire. La construction va cesser jusqu’à ce que le ciment soit de nouveau présent. Sans ciment, on ne peut pas bâtir de maison et les matériaux qui eux sont bien présents devrons à la longue être évacués, ne serait-ce simplement que parce qu’ils deviennent encombrants.

 

Il va de soi que durant la croissance et également durant la mue, le besoin en acides aminés est le plus grand. L’idéal est de pouvoir faire coïncider la composition en acides aminés de la nourriture avec les besoins. Si nous donnons trop de protéines, ce ne sera pas comme le cas des hydrates de carbone et des graisses qui pourront être stockés dans le corps de l’oiseau comme réserves. Les protéines non utilisées sont morcelées par catabolisme et transformées en énergie ou en chaleur via des hydrates de carbones, ou bien stockées comme graisses.

 

Durant le métabolisme, les differents apports d’aliments fournissent des matériaux pour la constitution du corps et libèrent l’énergie qui sera employée par le corps soit pour le travail des muscles soit pour les differents processus chimiques.

 

L’énergie que renferme la nourriture ne pourra pas être totalement employée par nos oiseaux car une partie de cette énergie se perd durant les divers processus. Les transformations et les combustions vont de pair avec un développement de chaleur. La partie de l’énergie non utilisable quitte le corps de l’oiseau. En ce qui concerne les hydrates de carbone, seuls les monoglucides ont de l’importance parce qu’ils peuvent être absorbés dans le sang via les parois intestinales. Les oligoglucides et les polyglucides doivent d’abord être réduits en monoglucides, ce qui se produit dans le canal digestif. L’organisme animal est capable de produire certains acides aminés, de les constituer à partir d’hydrates de carbone et de graisse, mais aussi de transformer les hydrates de carbone en graisses et les graisses en hydrates de carbone.

 

Durant les differents processus de vie se développe continuellement une certaine chaleur, en partie causée par le processus du métabolisme, pour le reste par les mouvements des muscles et le mécanisme de la respiration car l’énergie nécessaire est transformée en grande partie en chaleur qui est maintenue dans le corps au niveau voulu. Les oiseaux, mais également les mammifères, conservent, lors des fortes chaleurs extérieures, une température du corps égale qui est souvent plus élevée que la température extérieure.

 

Il est manifeste que le maintien de la température du corps à son niveau malgré une forte diminution de la température extérieure exige du métabolisme de l’oiseau une plus grande intensité de chaleur. Nous devons ici tenir compte également de la nourriture à dispenser. Si les réserves du glycogène du corps sont épuisées, l’oiseau va entamer son stock de graisse. Si celui se vide aussi, ce sont les protéines du corps qui sont attaquées. Par la prise d’oxygène, les hydrates de carbone et les graisses peuvent se transformer complètement en dioxydes de carbone (CO2) et en eau (H2O) et peuvent donc être complètement utilisées.

 

Lors du catabolisme des protéines contenant de l’azote, c’est la matière la plus simple qui reste, l’ammoniaque (NH3). Par ses propriétés toxiques, cet ammoniaque est immédiatement transformé par le corps en substances nuisibles, c’est tout dire, il n’est nul besoin d’en dire plus.

 

En guise de conclusion, je veux encore faire observer que si la composition de la nourriture n’est pas adéquate, surtout en ce qui concerne la composition en acides aminés en relation avec les besoins, durant le catabolisme (transformation en déchets) une grande quantité de chaleur peut se produire qui devra être rendue à l’environnement. Une trop grande production de chaleur est nuisible pour les oiseaux et peut s’extérioriser par une croissance et une activité entravées.

 

 

Les vitamines

Bien que tous les animaux disposent des éléments nécessaires à leur développement il y a quand même des points qui nécessitent des apports supplémentaires. Ce sont les vitamines. Ce sont des organes de liaisons qui sont produits par le domaine végétal. 

Les vitamines sont, en petites quantités, des éléments actifs qui interviennent dans les différents processus de la vie. Le manque ou l’insuffisance de certaines vitamines peut être à l’origine de certaines maladies ou déformations dans les organes. Le manque total de vitamines est l’avitaminose et l’insuffisance est l’hypovitaminose. Un surplus de vitamines, qui est possible pour les vitamines A et D est une hypervitaminose. Elles sont donc d’importance vitale, en quantités limitées. Vous remarquerez que j’ai utilisé les deux mots vitamine et  vitale, certains éleveurs pensent qu’il n’y a pas de vitalité sans vitamines. Il n’y a rien de plus faux.  En réalité la plus grande partie des vitamines que nous donnons sont éliminées par le corps de l’oiseau sans que pour cela il y ait eu une influence sur l’organisme. Souvent lorsque nos oiseaux  manquent de vitamines ils montrent peu d’énergie et de vitalité.  Ne nous laissons pas trop vite influencer en ce qui concerne les vitamines mais examinons de plus près la réalité des choses. Il faut remarquer que la plupart des maladies peuvent avoir comme origine des causes dues à d’autres facteurs que les vitamines.   

 

On peut classer les vitamines en deux groupes:

1. Les vitamines A, D, E, et K qui sont liposolubles

2. Les vitamines du complexe B et les vitamines C hydrosolubles

 

Vitamine A

Que l’on trouve dans le lait, le jaune de l’oeuf et ne pas oublier dans l’huile de foie de morue. La provitamine A se trouve dans les feuilles de légumes comme les épinards, les herbes, les orties, les trèfles et ne pas oublier dans les carottes. La transformation de la provitamine A en vitamine A se fait chez les oiseaux dans le foie.
L’avitaminose A est en réalité une diminution générale de l’état de santé de l’oiseau: oeufs non fécondés, gonflement des pattes et de la tête, mauvais plumage et mort subite.

 

L’hypervitaminose A peut provoquer des maladies du foie.

Les vitamines A sont en général peu sensibles, en excès elles favorisent l’oxydation, l’acidité, l’alcalinité. Il faut conserver les vitamines A dans un milieu sombre et ne préparer les solutions qu’au moment de l’utilisation.

 

Vitamine D

La deuxième vitamine liposoluble est la D. Pour les oiseaux seule la vitamine D3 est importante. Elle joue son rôle pour la formation des os et est indispensable dans l’échange calcium phosphore. On la trouve dans l’huile de foie de morue donc d’origine végétale. Le foie de la morue localise mais n’est pas producteur de cette vitamine naturelle. Elle assume le fonctionnement régulier des éléments absorbant le calcium nécessaire aux os. Sous l’influence des rayons ultraviolet de la lumière la vitamine D3 produit des sous éléments nécessaire aux oiseaux. 

Des oiseaux qui sont uniquement tenus sous verrière ne savent pas profiter de ces éléments, pour remédier à ce problème on peut utiliser des lampes spéciales que l’on trouve dans le commerce.

L’avitaminose D3 peut provoquer le rachitisme, une mauvaise croissance, des symptômes de paralysies, un mauvais plumage, des oeufs clairs, un manque de ponte. Une surdose pendant un temps assez long amènera une décalcification des os.

L’huile de foie de morue doit aussi être conservée dans un récipient sombre, c’est pourquoi dans le commerce vous trouvez des bouteilles foncées. Il faut bien respecter les doses indiquées.

 

Vitamine E

Il existe au sujet de cette vitamine une polémique au sujet de son rôle. Elle est aussi appelée la vitamine de fécondité et c’est à ce sujet que les éleveurs se posent des questions. Certains prétendent qu’il n’y aura des succès dans les élevages qu’en fonction de la quantité de vitamines E présente dans la nourriture. Ceci est nettement exagéré et des études ont plutôt montré que cette vitamine protège la vitamine A contre l’oxydation. Ceci peut être la cause de la stérilité des mâles. Sans vitamines E comme antioxydant les actions des vitamines A seraient rapidement annihilées. De ceci il découle que la vitamine E agit indirectement sur la fécondité, de plus il est prouvé que si l’on utilise un antioxydant synthétique en vue de protéger la vitamine A les problèmes de fécondité diminuent fortement. 

La vitamine E se trouve dans la salade, dans les germes d’herbes et dans d’autres graines diverses. L’huile de germes de blé est riche, les huiles de maïs et de soja sont moins riches en vitamines E.

Des symptômes de paralysie et des difficultés de vol peuvent être provoqués par une déficience de vitamine E. Elle est également très bonne pour éviter les problèmes liés à l’acidité.

 

Vitamine K

Aussi appelée vitamine de coagulation. On la trouve dans les verdures et les carottes. Elle peut aussi être produite par les bactéries intestinales et en quantité telle que les excréments sont souvent plus riches en vitamine K que celle absorbée lors de l’alimentation.  Une carence en vitamine K peut provoquer des hémorragies internes, mais la plupart de celles-ci sont tout de même provoquées par d’autres maladies graves.

 

Le complexe des vitamines B

Toute une série de vitamines appartiennent au complexe des vitamines B. Les plus importantes sont les B1, B2, B6, B12 et aussi la biotine, la choline, les acides linolélique et linoléique.  Les vitamines sont indispensables pour la survie des cellules vivantes. Les vitamines B sont toutes solubles dans l’eau.

 

Vitamine B1

La thiamine se trouve dans les germes et les sons des graines et aussi mais en moindre quantité dans les verdures et le lait. Cette vitamine est nécessaire pour la croissance et le développement, elle contient en proportion importante les éléments d’échange entre les hydrates de carbone et la tenue en eau du corps de l’oiseau. Elle agit également sur l’ensemble du système nerveux, le manque de thiamine peut provoquer des symptômes de paralysies. On peut aussi constater un mauvais plumage, des excréments liquides, une tenue en boule.

 

Vitamine B2

La riboflavine se trouve dans le lait, les oeufs, les graines, les levures. Elle est indispensable au processus enzymatique d’échange entre les hydrates de carbone, les graisses et les protéines. Le manque de vitamines B2 se constate par une mauvaise croissance, la mort des embryons dans les oeufs, des malformations des orteils.

 

Vitamine B6

Aussi appelée pyridoxine se trouve dans les feuilles des plantes, dans la levure de bières et dans les germes des graines.  C’est très peu sensible. 

Un manque de vitamine B6 mènera à des troubles dans les échanges entre protéines, avec comme conséquences une mauvaise croissance et des états de crampes. La vitamine B6 est une sorte d’aide aux enzymes qui sont concernées par le processus d’échange de protéines ou en d’autres mots l’activité des enzymes concernées dépendra de la présence d’une certaine vitamine. Les acides nicotinique, pantothénique, folique et les hydrates de carbone semblent aussi individuellement être liés à un ou plusieurs groupes d’enzymes.

 

Vitamine B12

Puisque la composition chimique de la vitamine B12 est construite sur la base d’un atome de cobalt, ce qui est unique dans un organisme vivant, on peut aussi utiliser la dénomination de cyanocobalamine. 

La vitamine B12 est apportée par l'alimentation et synthétisée par certains micro-organismes. (Certaines bactéries sont capables de synthétiser la vitamine B12).  La vitamine B12 d'origine alimentaire est libérée de ses liaisons avec les aliments sous l'influence de la cuisson, de l'acidité gastrique, de la pepsine. Dans l'estomac et l'intestin, sous forme libre, la vitamine B12 se lie au facteur intrinsèque IF synthétisé par les cellules pariétales de la muqueuse gastrique. Le facteur intrinsèque comporte deux sites de fixation, l'un pour la vitamine B12 et l'autre pour un récepteur de la muqueuse intestinale, permettant une absorption spécifique de la vitamine B12

La vitamine B12 est aussi présente en quantité variable dans le lait et le jaune d’oeuf. Les antibiotiques telles que la pénicilline, la terramycine et l’auréomycine qui sont utilisés pour combattre les infections en contiennent également.

La B12 est très importante pour la transmission de certains acides aminés vers d’autres acides aminés. Elle intervient dans la constitution des éléments du sang. 

Un manque de vitamines B12 donnera certainement de mauvais résultats d’élevages, mauvaises éclosions et une grande mortalité durant les premiers jours d’existence. 

 

 

Biotine

Elle agit comme co-enzyme dans les échanges entre les hydrates de carbone et est de plus concernée par la synthèse des graisses.  Un manque de biotine provoque des déformations de la face, surtout autour du bec. Le jaune d’oeuf, la poudre de lait, les noix, les graines et les verdures peuvent contenir d’importantes quantités de biotine. Elle peut même s’auto produire dans le canal intestinal de l’oiseau.

La vitamine est peu sensible mais résiste quand même assez bien aux acides.  Il ne faut pas mélanger la matière de la vitamine avec des oeufs crus, la présence de l’avidine annule l’action de la biotine.

 

Choline acide gras B4

Se trouve surtout dans les graines de tournesols et d’autres graines. La poudre de lait, la levure de bière et la farine de poisson sont très riches en choline.

Elle joue un rôle dans la transmission des graisses dans le foie et l’évacuation des acides gras du foie. Des symptômes de manque sont l’engraissement du foie et de là une régression corporelle.

 

Vitamine hématopoïétique - acide folique

Cet acide folique joue un très grand rôle lors des examens d’ADN et génétique et est donc essentiel pour le développement et la division des cellules. Un manque se caractérise par des excréments liquides, difficulté de respiration, perte de poids, faiblesse générale, mauvais plumage et un manque de croissance.  Des quantités plus ou moins importantes de cette vitamine se trouvent dans le blé, le maïs, une scarole et les différentes sortes de choux.  Elle est peu sensible et produit une sensation de chaleur.  La présence de la vitamine C dans la nourriture atténue la perte en acide folique. Des préparations de nourriture à faible ou sans teneur en vitamine C sont pauvres en acide folique.

 

Acide nicotinique

Acide considéré comme précurseur d’une vitamine. Sa structure est semblable à celle de l’alcaloïde du tabac la nicotine, mais elle a naturellement d’autres caractéristiques. L’acide nicotinique est indispensable pour toute cellule vivante tandis que la nicotine est un poison violent. Il joue un rôle dans la formation des enzymes qui interviennent lors du processus d’échange des graisses et des hydrates de carbone mais aussi pour la respiration des cellules. Il influence la croissance et le développement du plumage. On la trouve dans les verdures, les arachides et l’orge.

Un manque provoque une croissance lente, une faiblesse générale, un mauvais plumage et des infections à la face. Elle est aussi connue sous le nom de vitamine P.

 

Acide pantothénique

Est indispensable pour beaucoup de processus d’échanges enzymatiques. Le lait, le jaune d’oeuf, l’arachide, les verdures et les graines de tournesol sont de bons fournisseurs de cette vitamine. Un manque peut être la cause d’une mauvaise croissance, de faibles résultats d’élevage, d’un mauvais plumage avec des marques nues dans le cou et la gorge.

 

Inositol

Joue un rôle dans les processus d’échanges des graisses et se trouve aussi bien dans les tissus animaux que végétaux.  Au sujet de la signification de cette vitamine surtout chez les oiseaux peu de choses sont connues. Il paraît qu’elle produit les mêmes effets que la choline.

 

Acide para-amino-benzoïque

L'acide folique comporte un noyau ptérine et un acide para-amino-benzoïque lié à une ou plusieurs molécules d'acide glutamique. La ptérine et l'acide para-amino-benzoïque sont désignés habituellement sous le terme d'acide ptéroïque. L'acide para-amino-benzoïque est un facteur de croissance pour les bactéries dont l'effet est antagonisé par les sulfonamides

La matière se trouve dans la levure de bières. Un manque montre des anomalies de croissance.

 

Vitamine C

Cette vitamine se trouve dans les légumes et les fruits frais. Les baies noires, les baies du rosier du Japon et les fruits des agrumes sont riches en vitamine C. Les oiseaux peuvent en partant des hydrates de carbone produire eux-mêmes la vitamine C, ainsi un manque provoqué par un changement de processus de nourriture ne produira aucun effet néfaste. La vitamine C est d’action légère et peu sensible. Elle est d’importance fondamentale lors de la formation des tissus. Elle joue aussi un rôle lors de la formation de l’hémoglobine et de l’oxygénation des cellules.

 

Les minéraux

Nous avons vu que les tissus vivants étaient principalement composés de carbone (C), d'hydrogène (H), d'oxygène (O) et d'azote (N). Ces éléments forment ensemble largement 96% du total du corps de la perruche ondulée. Les autres 4% sont des substances d'origine minérale ou non organique telles que le calcium (Ca), le phosphore (P), le sodium (Na) le chlore (Cl), le magnésium (Mg) et quelques autres.

La présence de certains de ces éléments est en quantité tellement infime qu'on peut carrément dire que ce ne sont que des "traces". Malgré leur très petite quantité, ces oligo-éléments comme on les appelle, sont toutefois essentiels à tous les êtres vivants. Certains d'entre eux, tels par exemple l'aluminium (Al), leur sont au contraire totalement inutiles. D'autres, le mercure (Hg), le plomb (Pb), le cadmium (Cd) et l'arsenic (As), sont aujourd'hui de plus en plus fréquents dans la pollution grandissante de l'environnement, ce sont carrément des toxiques. Y collecter de la verdure ou des graines de semences sauvages doit être fortement déconseillé pour cette raison.

On admet toutefois comme essentiels à la vie les 14 oligo-éléments suivants. Ce sont le fer (Fe), le cuivre (Cu), le zinc (Zn), le manganèse (Mn), le cobalt (Co), l'iode (I), le molybdène (Mo), le sélénium (Se), le fluor (F), le nickel (Ni), l'étain (Sn), le chrome (Cr), le silicium (Si), le vanadium (V). Il est possible que d'autres encore se révéleront essentiels à l'avenir.

Les minéraux constituants des organismes vivants ne sont pas seulement nécessaires parce que certains oligo-éléments en sont décelables dans le corps, mais bien plus parce que ce sont des substances indispensables au squelette, nécessaires à la croissance des cellules existantes et à la formation de nouvelles cellules. Ils sont en plus les éléments de construction de combinaisons compliquées comme l'hémoglobine, la substance colorante rouge du sang et diverses enzymes et hormones.

Sous la forme de certains sels solubles, ils déterminent la condition physico-chimique des cellules et des substances du corps, ils déterminent la pression osmotique, la pression des substances colloïdales et aident à maintenir le niveau de concentration des ions d'hydrogène dans le protoplasme des cellules.

Le dosage des oligo-éléments, doit être extrêmement précis suivant la règle que le « trop » est aussi mauvais que le « trop peu». Certaines substances, par exemple certains métaux qui sont d’une nécessité vitale en petite quantité deviennent des poisons mortels en grande quantité. Pour éviter les overdoses de ces oligo-éléments, il faut recommander de ne les fournir que sous la forme de produits naturels, ce qui exclut alors toute erreur.

Voyons maintenant les principaux oligo-éléments d'un peu plus près.

 

 

 

1. Le calcium (Ca)

Quantitativement, c'est l'élément le plus important. 99% du calcium se trouvent dans les tissus osseux qui forment environ 2% du poids de la perruche ondulée. Avec le phosphore, le calcium joue un rôle important dans le système osseux qu'on peut considérer comme l'entrepôt du calcium où le corps puise suivant les besoins pour d'autres fonctions dans le corps. C'est ainsi qu'il existe un échange continuel de calcium entre le squelette et les liquides organiques. De plus, la présence d'ions de calcium est indispensable pour la coagulation du sang précisément parce que pour cette coagulation, le calcium est irremplaçable. Dans la formation de la coquille et le fonctionnement du myocarde, le calcium est également indispensable.

De bonnes sources de calcium sont : la poudre de lait, l'acide phosphorique, la chaux, le grit, os de seiche, le chou frisé et la bourse à pasteur.

 

2. Le phosphore (P)

Environ 1% du poids total du corps de la perruche ondulée consiste en phosphore dont 89% se trouve dans le tissu osseux. Cet élément remplit les fonctions les plus importantes et les plus variées dans l'activité chimique du corps de l'oiseau, il joue un rôle dans quasiment tous les processus du métabolisme. Certaines molécules contenant du phosphate sont à la base de la transmission d'énergie dans le corps, ce qu'on peut comparer aux électrons dans un câble électrique. Indispensable également avec le calcium dans la formation de l'oeuf.

D'excellentes sources de phosphore sont l'acide phosphorique, la chaux (le nom le dit), mais aussi le lait et la poudre de lait.

 

Il existe du reste un certain équilibre entre les combinaisons de calcium et de phosphore dans les os du squelette et dans la quantité de calcium et de phosphore dans le sang. Il n'est pas nécessaire de fixer le minimum de besoin en calcium parce que une véritable carence en calcium est difficile à constater dans les os. Le besoin en phosphore est peu décelable avec certitude. Ce qu'on peut admettre, selon moi, c'est la grande quantité de calcium d'origine animale avec laquelle l'approvisionnement en phosphore sera suffisant.

 

3. Le magnésium (Mg)

Le magnésium se retrouve aussi bien dans le système osseux que dans les tissus et dans certains ferments. Il a une action dans la chimie des hydrates de carbone et il est indispensable dans la formation de la coquille de l'oeuf. Le magnésium qui se retrouve dans le squelette peut facilement s'échanger contre du calcium. De cet échange entre calcium et magnésium, on ne connaît toutefois pratiquement rien. La prise utile de magnésium peut dans une large mesure être freinée s'il y a trop de phosphore et de calcium dans la nourriture dispensée. Une longue carence en magnésium dans la nourriture peut amener des troubles de la croissance et une accumulation morbide de liquide.

 

4. Le sodium (Na)

C'est surtout en dehors des cellules que le corps contient du sodium. Dans le plasma du sang, il sert de régulateur de diverses taches. C'est de plus un minéral important dans les composants du squelette. Les besoins journaliers en sodium que l'on connaît sous la forme de sel de cuisine ne sont pas connus. Parmi les produits naturels, donnent ce sel dans de bonnes quantités: le lait et surtout la poudre de lait.

 

5. Le potassium (K), anciennement kalium

Au contraire du sodium qui a son rôle surtout en dehors des cellules, le potassium se situe principalement dans les cellules. Il remplit une tâche fondamentale dans la formation du squelette.

Avec le sodium, le potassium joue un rôle important dans la réalisation de la pression osmotique. Une déficience en potassium peut occasionner de nombreuses pertes de liquide, dont peuvent résulter des troubles intestinaux allant de pair avec des selles claires. Le lait, le lait en poudre, les espèces de choux et les cacahuètes sont de riches sources de potassium.

 

6. Le chlore (Cl)

Le chlore intervient toujours dans des combinaisons précises. C'est l'anion principal aussi bien pour le potassium que pour le natrium. Une molécule normale de sel par exemple est composée d'un atome de sodium et d'un atome de chlore (NaCl). L'acide chlorhydrique (HCl) de l'estomac est composé de molécules qui naissent d'un atome d'hydrogène et d'un atome de chlore.

Le sel est affaire de vie et de mort parce que c'est une des substances de base de l'organisme vivant. Dans le sang, des sels sont toujours présents. Ce qui est remarquable, c'est le fait que les combinaisons quantitatives des sels entre eux (NaCl, KCl, MgCl2, CaCl2) ne doivent pas être confondues avec les concentrations de sel dans l'eau de mer, le liquide primitif de la vie animal.

 

7. Le soufre (S)

L'importance du soufre ressort de la présence de quelques acides aminés. Un exemple est l'acide aminé appelé cystine qui contient deux atomes de soufre par molécule.

Le soufre se rencontre entre autres dans le sérum du sang et semble également jouer un rôle important dans le développement du plumage. Les oeufs, le pain et le lait sont de bons fournisseurs de soufre.

 

8. Le fer (Fe)

La tâche du fer est plus ou moins évidente. Le fer est une des substances de la coloration rouge du sang, l'hémoglobine, une protéine qui possède le pouvoir de se combiner chimiquement avec l'oxygène d'une manière extrêmement facile et de s'en séparer dans un environnement peu oxygéné. De la carence en fer dans la nourriture, évoluant à la longue en une carence en hémoglobine dans le sang, il résultera une diminution de l'apport d'oxygène des poumons vers les cellules.

Certaines enzymes contiennent également du fer. Les choux frisés, les endives, le pain et le jaune d'œuf contiennent également des quantités raisonnables de fer.

 

9. Le cuivre (Cu)

Comme le fer, le cuivre joue un rôle important dans les globules du sang. En théorie, il s'ensuit que le cuivre est essentiel, ce qui est confirmé par des expériences. Dans la formation de la mélanine, le cuivre semble remplir un rôle important également.

Choux frisés, endives et farine de poisson contiennent de bonnes quantités de cuivre.

 

10. Le zinc (Zn)

Le zinc est un composant intégral d'une enzyme indispensable lors du traitement du dioxyde de carbone. Lui aussi remplit une importante fonction dans la formation de la coquille et dans le système osseux. Les graines possèdent des quantités raisonnables de zinc.

 

11. Le manganèse (Mn)

Essentiel également à la vie animale, le manganèse joue entre autres un rôle dans la formation du système osseux et de la coquille. Comme la plupart des oligo-éléments, le manganèse est un élément actif dans un certain nombre de systèmes enzymatiques.

Les déficiences en manganèse peuvent avoir pour conséquences des troubles de l'équilibre et la stérilité. Les oeufs qui contiennent trop peu de manganèse sont mal fécondés.

Le chou frisé, l'endive et, ne l'oublions pas, os de seiche, sont riches en manganèse.

 

12. Le cobalt (Co)

Le cobalt est un oligo-élément essentiel. En parlant des vitamines, nous avons déjà dit que le cobalt est un composant
essentiel de la vitamine B12 (cyanocobalamine) et par conséquent indispensable dans la formation des globules rouges.
La molécule de la vitamine B12 ne contient que 4,5% de cobalt si bien que le besoin en cobalt ne sera que très minime.

 

13. Le molybdène (Mo)

Le molybdène n'a été découvert comme oligo-élément essentiel qu'en 1954. Il semble être composé de certaines enzymes dont le rôle consiste dans l'oxydation des acides gras et la formation du sang. Le manque de molybdène dans la nourriture donne naissance à diverses maladies.

 

14. L’iode (I)

L'iode se retrouve surtout dans la glande thyroïde où elle fait partie de deux hormones. Les hormones thyroïdiennes règlent tout le métabolisme et poussent les cellules du corps a l'activité.

Le manque d'iode développe une substance thyroïdique de qualité inférieure.
C'est comme si la nature voulait compenser cette diminution de la qualité par une augmentation de la quantité et le goitre bien connu qui en résulte n'est en fait rien d'autre qu'une prolifération de la glande thyroïde. Quand l'excroissance est importante, elle peut créer de grandes difficultés de respiration. L'huile de foie de morue contient des quantités importantes d'iode.

 

15. Le sélénium (Se)

On ne connaît pas encore grand-chose des besoins en sélénium. Ce que l'on sait, c'est la corrélation entre le sélénium et la vitamine E. Des expériences avec des poussins ont démontré que si la nourriture est déficiente aussi bien en sélénium qu'en vitamine E, apparaissent de sérieuses accumulations liquides
dans les tissus osseux avec une teneur diminuée en protéines et albumine dans le sang. De ce qui précède, on pourrait
tirer la conclusion que cet élément est nécessaire aux oiseaux.

 

16. Le fluor (F)

Le fluor est un oligo-élément essentiel. C'est une substance normale de notre eau de boisson. Dans notre pays, l'eau contient de 0,1 à 0,3 ml de fluor par litre. Le fluor remplit une fonction dans le sang. Sa carence peut avoir comme conséquences des troubles de la croissance et la stérilité.

Texte: H.W.J. van der Linden