A la recherche des ancêtres des perruches ondulées

Il vous est évident que ni la perruche ondulée ni d’autres sortes d’oiseaux nous sont apparus spontanément sous les formes que nous connaissons aujourd’hui. Cela repose plutôt sur des facteurs héréditaires. Un fait est qu’aucun jeune ne ressemble avec précision à ses  parents. Même chez les formes de vie les plus élémentaires, les animaux unicellulaires chez lesquelles la reproduction est asexuelle et est un fait de cellules, il y a une différence en grandeur. Au cours de l’évolution des sortes les différences se sont davantage marquées. Nous pouvons affirmer qu’en premier lieu les facteurs héréditaires sont la cause de la transmission des caractéristiques parentales à leurs progénitures successives. Mais l’influence des facteurs extérieurs fait qu’il y a une adaptation permanente au milieu qui, combiné au désir constant de changement dans l’évolution, provoque des variations légères dans l’aspect extérieur de l’individu que l’on observe.

 

Pour mieux comprendre ces évolutions des facteurs héréditaires je propose que nous allions à l’origine des oiseaux et de la vie en général. L’origine de la vie est un problème qui aussi bien au point de vue temps que de lieux n’est pas facilement explicable.  La science a divisé l’histoire de la terre en périodes de temps et en ères continentales et géologiques.

 

Par les fossiles les savants ont pu remonter dans l’histoire de la terre jusqu’au Précambrien (première ère de l’histoire de la terre dont on évalue la durée à quatre milliards d’années.) Cet ère est nommée Archaïque ou Protohistorique. A l’aide de procédés d’études des temps très sophistiqués, qui se basent sur les éléments radioactifs contenus par les fossiles il y a actuellement moyen de délimiter la durée certaines évolutions. Vu que la plupart d’entre-nous vont avoir des difficultés pour se reporter à des millions d’années, il me semble utile de recourir à une autre échelle celle de notre horloge à 24 heures.

 

Il est supposé que la vie a débutée il y a environ 1500 millions d’années dans la mer, considérée comme le berceau de la vie. A notre montre il est alors 20 heures. Vous pouvez alors vous imaginer que l’homme n’est qu’un trait de plume dans l’histoire de la terre.

Une des premières formes de vie animale devait correspondre à l’Amoeba proteus (protéine primitive).

 

Aujourd’hui elle apparaît encore en animal unicellulaire, beaucoup plus petit qu’un millimètre, qui se compose de protoplasma et d’une structure qui, malgré sa simplicité, est en mesure de se nourrir, de se reproduire et de se protéger. Et satisfait ainsi aux trois caractéristiques importantes pour toute vie organique. C’est en partant de cet animal unicellulaire (Protozoa) que durant des millions d’années ont évolués les animaux multicellulaires (Metazoa). On peut s’imaginer le processus d’évolution comme un arbre qui aurait huit branches principales à huit troncs dans lesquels sont répartis en fonction de la systématique journalière le règne animal. Les grandes branches se divisent en plus petites. Chaque tronc conservant les principales caractéristiques tout en permettant l’évolution, si les branches se multiplient en plus petites cela permettra une différenciation plus accentuée.

 

L’éponge appartient à la première génération des animaux multicellulaire. Les premiers poissons viennent de l’Ordovicium et 100 millions d’années après les amphibiens sont apparus sur l’île Devon.

 

Après vinrent les reptiles et l’apparition du carbone, ce fut l’ère des reptiles géants qui pouvaient atteindre des longueurs de 26 m, 9 m de haut et d’un poids de 40 tonnes. Le Ptéranodon était un animal volant, comme aujourd’hui la chauve souris, son envergure pouvait atteindre 7,50 m. Le plus grand animal volant fut le Pterosaurus Texan, les derniers fossiles furent découvert il y a environ 25 ans par le paléontologue  Douglas A. Lawson de l’université de Californie. Lors de la reconstitution du squelette on obtint une envergure de 15,50 m.

 

Le premier oiseau est apparu à la fin de l’ère jurassique entre le trias et le crétacé il y a environ 150 millions d’années.  A notre horloge il est alors 22 heures. Les restes des derniers fossiles du plus vieux oiseau connu, qui reçu le nom de Archaeopteryx lithografica, furent découverts à Solnhofen en Bavière en 1861.  L’oiseau avait des dents, des ailes onglées et la queue d’un reptile, son format était environ celui d’une pie. Le dernier fossile de cet oiseau est visible au musée d’histoire naturelle de Berlin.

 

Bien qu’il n’existe aucune preuve certaine que l’oiseau est une transformation d’un reptile, mais on peut quand même l’admettre.

 

Genèse et évolution des oiseaux

A partir des observations faites nous pensons pouvoir donner les grandes lignes de ce qu’a pu être l’histoire des oiseaux. Elle aurait commencé à la fin du Permien, où seraient apparues, chez de petits reptiles, les premières ébauches de ce qui deviendra les plumes. Les glaciations marquant la fin de l’ère Primaire, auraient favorisé la genèse de ce revêtement plus efficace que les écailles.  Tout comme elles auraient induit l’apparition des poils chez d’autres reptiles qui donneront les mammifères.

Au Trias, des périodes de sècheresses incitent les animaux à rechercher un déplacement rapide. Divers groupes de lézards s’adaptent à la course ou an saut, ce qui se traduit par un relèvement du corps avec renforcement des pattes postérieures.  La diversité est grande. Elle va conduire, entre autres, au Ptérosauriens (reptiles volants), aux premiers dinosaures et aux premiers oiseaux.

Ces derniers vont naître de la conjonction de deux évènements majeurs: l’apparition des plumes et la perte des mains. Cette perte où l’on peut voir un cas de néoténie, a été déterminante.  Elle va entraîner le changement d’habitat et aussi l’importance croissante des plumes des bras, pour compenser leur raccourcissement.

 

En devenant mobiles, les plumes vont contribuer à la capture des proies. Le saut de branche en branche va conduire à la découverte du vol. Une cérébralisation rapide en rapport avec le mode de capture des proies (affût, petite taille privilégiant la ruse à défaut de la force), a permis d’en acquérir la maîtrise.

 

Durant le Jurassique, les premiers oiseaux continuent d’évoluer dans le milieu forestier, que certains peuvent exceptionnellement quitter. Ils s’y diversifient pendant que les Psétosauriens règnent dans le milieu aérien.          

L’épanouissement des oiseaux a été permis par trois grands évènements.

D’abord, l’acquisition de la maîtrise du vol. Elle a été conditionnée par une importante cérébralisation.

Il est probable que la petite taille, le régime carnivore ont incité les futurs oiseaux à se montrer prudents et rusés pour se cacher et se nourrir. Puis plus tard à se montrer habile pour gérer les courants aériens et éviter les obstacles. La vie en communauté a pu favoriser cette évolution. La maîtrise du vol a permis aux oiseaux de quitter l’habitat forestier pour se répandre dans le monde entier, tout en se diversifiant en fonction des niches écologiques. Elle a permis aussi l’acquisition de couleurs vives favorables au rapprochement des sexes et donc à la reproduction; une inhibition hormonale assurant aux femelles un plumage discret.

Le deuxième évènement a été la régression des Psétosauriens. Bien que très évolués, certains comme les Ptéranodontes ayant pu avoir une température constante, on observe chez eux une augmentation importante de la taille. Cette régression pourrait être liée à une alimentation devenue insuffisante et à une mauvaise incubation des oeufs.

 

Le troisième évènement important est l’avènement des Angiospermes. Succédant aux Gymnospermes les plantes à fleurs entraînent un changement de flore et avec elles l’abondance de la mini faune accompagnatrice. Cela a pour effet de mettre à la disposition des oiseaux une alimentation riche en bourgeons, graines, nectar, insectes (apparition des floricoles, mouches, abeilles, papillons,...). Des alliances vont même se créer entre fleurs et insectes.  Dès la fin de l’ère secondaire les oiseaux sont devenus abondants  et variés.

 

Au cours de l’époque tertiaire l’évolution va surtout porter sur les comportements.  Incapables de voler, les Ratites sont menacés de disparition, tandis que d’autres espèces, omnivores, parfois liées à l’homme (moineau domestique) se répandent dans le monde entier.

Tel serait le scénario qui a présidé à l’origine et à l’évolution des oiseaux. Il n’explique pas tout, mais il semble le plus vraisemblable.

 

Mais revenons à nos ancêtres des perruches ondulées. Nous avons donc vu que l’évolution des oiseaux est due à différents facteurs qui se sont présentés lors de l’évolution de la terre. Nous pouvons donc admettre les affirmations de Darwin au sujet de la survie et la disparition de certaines sortes de plantes et d’animaux en fonction de certaines circonstances naturelles telles que l’évolution du climat, chaleur, froid, humidité, nourriture, prédateurs. Il est évident que dans la nature il n’y a pas tant de différentes couleurs chez la perruche ondulée. Des couleurs marquées attirent les prédateurs et de ce fait la reproduction de ces oiseaux est très limitée. S’il y a une uniformité dans les couleurs il peut tout de même y avoir des nuances. Le mystère de ce fait se trouve dans les gènes qui sont porteurs des facteurs héréditaires. Mais nous éleveurs en volières nous pouvons développer les couleurs et les facteurs héréditaires, c’est là que réside la qualité de l’éleveur de mutations. Les sortes actuelles de perruches ondulées montrent bien qu’avec des connaissances et de la recherche on peut arriver à de très bons résultats. Par des élevages sélectifs on est arrivé aujourd’hui à des formats d’oiseaux qui sont augmentés de 40 % par rapport aux oiseaux sauvages. La forme du corps, la grandeur et la forme de la tête, la tenue des ailes, les couleurs sont des facteurs que l’on peut modifier. La question est de savoir, avec les éléments génétiques dont je dispose et par un élevage sélectif,  jusqu’où puis-je aller pour obtenir ce qu je recherche en partant de la forme sauvage ?

 

En théorie la limite de l’élevage sélectif est l’ensemble des facteurs caractéristiques dont je dispose. Le nombre d’individus qui sont dans les élevages représente une petite fraction des individus vivant dans la nature. Donc peu de facteurs héréditaires sont utilisés dans l’élevage en captivité. Contrairement à ce qui se passe dans la nature, où le choix du partenaire se fait librement et où les sélections  se font en fonction des éléments naturels, en captivité les variations des facteurs héréditaires se fixent davantage vu la durée de celle-ci. Il y a le danger que de ce fait certaines mutations néfastes pour l’organisme sont maintenues.

 

La tenue de nombreuses mutations qui sont régulièrement croisées avec les formes sauvages fait qu’à la fin nous possédons une énorme variation de combinaisons possibles. Ce qui permet aux éleveurs de choisir les combinaisons souhaitées. Ce sont eux qui par leurs choix obtiennent des mutations inconnues jusqu’ici.  La forme des oiseaux d’élevages ainsi que certaines mutations peuvent être considérées comme une déformation de la forme sauvage. Dans un prochain article nous traiterons des manipulations des cellules qui contiennent les facteurs héréditaires.

 

Texte: H.W.J. van der Linden