LE GENRE CHALCOPSITTA (Bonaparte, 1850)

LES LORIS SUPERBES

 

1. Le lori noir

Chalcopsitta atra (Scopoli 1786)

 

 

Description de l'espèce

Taille: 31 centimètres.

Mâle et femelle: la couleur générale du corps est noire. Le tout est lustré de mauve à pourpre. Le croupion et les plumes de couverture caudales sont d'un bleu mauve. Le dessous de la queue est orangé à la base, la couleur vire au jaune olivâtre lorsqu'on regarde vers l'extrémité des plumes. L'iris est orangé chez le mâle et plus brunâtre chez la femelle.  Les yeux sont cerclés d'un périmètre nu de couleur noire. Le bec est noir tout comme la cire; le long de l'insertion de la mandibule inférieure on peut remarquer une étroite bande dépourvue de plumes et de couleur noire (peau). Les pattes sont gris foncé et les ongles sont noirs.

 

Sous-espèces

On connaît quatre sous-espèces, il s'agit de:

 

Chalcopsitta atra atra (Scopoli, 1786) - le lori noir. 

Il s'agit de la forme nominale identifiant l'espèce. 

Sa description se trouve ci-dessus. On la trouve au Nord-ouest de la Nouvelle-Guinée (Vogelkop) et sur les îles Batanta et Salawati.

 

Chalcopsitta atra bernsteini (von Rosenberg, 1861) - le lori de Bernstein. 

Répartition: il vit uniquement sur l'île de Misool.

Ses caractéristiques sont:

Taille: 34 centimètres.

Mâle: montre une forte ressemblance avec la forme nominale mais les petites plumes se trouvant sur le front et sur les cuisses sont ourlées de rouge pourpre clair. Le croupion est plus bleu, le rouge du dessous des ailes est absent.

Femelle: comme le mâle mais l'impression de rouge pourpre sur les cuisses est moins accentuée.

 

Chalcopsitta atra insignis (Oustalet, 1878) - le lori rajah. 

Répartition: partie orientale de la Nouvelle-Guinée du Nord-ouest (Vogelkop) et l'île Amperpon.

Caractéristiques:

Taille: 29 centimètres.

Mâle et femelle: se différencient de la forme nominale par un front rouge et un bord rouge étroit sur l'arrondi de l'aile ainsi que par des cuisses rouges. La partie antérieure des joues est de couleur rouge pour devenir graduellement noire, à partir de la gorge, comme sur le reste du corps.  La gorge, les flancs et la poitrine trahissent çà et là des plumes ourlées légèrement de rouge. Le croupion et les plumes de couverture caudale sont bleu mat, les sous caudales sont quant à elles bleu grisâtre.  La tête est rayée de gris bleuâtre.

 

Chalcopsitta atra spectabilis (Van Oort) - Lori de Mamberiok.

Cette sous-espèce est très discutée, son "existence" est fondée sur la découverte d'un seul exemplaire sur la presqu'île de Mamberiok.  Il est plus que probable qu'il s'agisse d'un hybride entre Chalcopsitta atra insignis et Chalcopsitta scintillata scintillata.

 

Généralités

Il s'agit là d'oiseaux assez rares en volière surtout sur le plan privé.  Pourtant toutes les sous-espèces sont présentes dans les collections de particuliers de par le monde, exception faite toutefois pour Chalcopsitta a. spectabilis. La forme la plus répandue étant la forme nominale.  Toutes les formes ont donné de la descendance en volière avec encore une fois une exception pour Chalcopsitta a. spectabilis qui est restée sans, il faut toutefois dire que l'élevage est très peu fréquent. Il est aussi malheureux de devoir constater qu'à cause de mariages fautifs dans le passé, il existe des oiseaux de race impure sur le marché. Raison de plus de faire bien attention aux caractéristiques de ces oiseaux lors de leur achat! Il va sans dire que ces oiseaux ne sont indiqués que pour des spécialistes ou des amateurs très au courant.

 

Comportement

L'acclimatation une fois passée, il s'agit d'oiseaux robustes. Bien éveillés, enjoués et très curieux de leur environnement. Au début ils sont un peu farouches mais le temps passant, ils s'attachent à leur soigneur. Ils peuvent se révéler très agressifs à l'encontre d'autres espèces durant la saison de reproduction et même faire preuve de sale caractère envers leur soigneur! Ce sont des oiseaux qui aiment à se reproduire. Assez bruyants, ils aiment se baigner durant longtemps et ne dédaignent pas une bonne douche. Il faut noter qu'ils présentent une croissance rapide des ongles qui n'est pas sans les gêner!

 

Convention de Washington

Appartient aux espèces menacées et tombe sous les dispositions de l'article 3a de l'Annexe II.

 

Logement et soins

Il faut que les oiseaux fraîchement importés soient l'objet d'une acclimatation soigneuse à une température ambiante stable autour des 20 degrés Celsius. S'ils sont bien soignés, les oiseaux passeront au travers de cette période d'observation sans aucun problème notoire.  Les oiseaux élevés en Europe doivent être placés par couple dans une volière extérieure à laquelle est accolé un local pouvant être chauffé artificiellement. Dans ce local il devra toujours régner durant la mauvaise saison une température minimum de dix degrés Celsius et l'éclairement devra quant à lui être égal à douze heures d'affilée (par exemple: de six heures du matin à six heures du soir). Les dimensions minimales de la volière extérieure seront les suivantes (comme toujours selon la formule consacrée: longueur x largeur x hauteur): 2,5 m x 1 m x 2 m. Local intérieur: 2 m x 1 m x 2 m. Entre les volières attenantes extérieures, il faut prévoir de placer du double treillis en laissant cinq centimètres d'espace entre les deux pans, cela doit empêcher les algarades et les éventuelles blessures aux orteils que peuvent s'occasionner les oiseaux qui voisinent. Surtout ne jamais placer d’autres espèces de Chalcopsitta dans des volières mitoyennes, c'est aller au devant d'ennuis. Les parois (hors treillis) et le sol doivent être d'un matériau lisse, carrelage ou plastique, cela permet un nettoyage facile.  Si on le veut, on peut placer des copeaux de bois sur le sol du local intérieur à condition d'éliminer les endroits devenus humides journellement et de remplacer les copeaux enlevés par d’autres bien secs. Compte tenu de la somme de déchets accumulés par les oiseaux, il peut être aussi envisagé de couvrir le sol avec du grit ou du sable.  Les nids doivent être placés dans le local intérieur. Leur surface de base carrée aura 25 centimètres de côté et leur hauteur aura 40 centimètres.  Le trou d'envol présentera un diamètre de 10 centimètres; il pourra également être d'une forme ovoïde aux dimensions de 7 x 9 centimètres.  Les parois du nid devront avoir au moins 3 centimètres d'épaisseur. Il est clair qu'offrir un nichoir naturel (partie de tronc d'arbre) est tout aussi indiqué, le diamètre de ce nichoir sera alors de 25 centimètres et la hauteur du nid sera identique, c'est-à-dire: 40 centimètres.  Les nids peuvent rester accrochés toute l'année, les oiseaux en profitent pour se reposer en dehors de la saison de nidification. Il va de soi qu'une hygiène sévère sera appliquée aux nids et qu'ils seront régulièrement récurés.

 

Les loris noirs peuvent durant l'hiver et par beau temps passer quelques moments à l'extérieur. Ils doivent toutefois toujours avoir la possibilité de passer à l'intérieur. L'eau de bain sera renouvelée tous les jours.  A ce sujet, après les bains, il faut avoir les oiseaux à l'œil durant les jours frisquets, ils ne peuvent alors se rendre à l'extérieur, ils risqueraient d'attraper froid. Durant les mois estivaux, ces oiseaux aiment se laisser doucher par la pluie, si vous le pouvez, installez leur une rampe de douche. Il faut également prévoir de donner des branches de saule ou d'arbres fruitiers fraîches (attention à ce que ces dernières n'aient pas été traitées aux insecticides ou aux fongicides). Les perchoirs doivent être épais et durs par endroits, du chêne sera l'idéal, cela permettra aux ongles de s'user de manière naturelle. Nourrir les oiseaux deux fois par jour, le matin tôt et aux abords du soir, il s'agit de bons mangeurs.

 

Nettoyer les volières quotidiennement, éliminer les restes de nourriture, en somme appliquer une hygiène sévère. Une cure contre les flagellés sera appliquée tous les six mois.

 

Alimentation

La réussite dans la détention des loris et de leur élevage sont directement liés avec leur alimentation. Mon expérience et celle d'autres amateurs m'ont appris que des changements minimes dans la nourriture quotidienne peuvent avoir des effets miraculeux. Il faut parfois chercher longtemps l'alimentation idéale destinée à une espèce déterminée de lori.  Surtout, évidemment, dans le cas d'espèces qui n'ont pas encore été largement décrites dans la littérature spécialisée.  On va à l'aventure et cela peut durer des années avant d'enregistrer des résultats probants.  Un bon conseil:  n'employez que de la nourriture pour loris qui aura fait ses preuves dans la pratique, que ce soit des préparations commerciales ou un brouet que vous aurez concocté. Le pourcentage de protéines est important.  Durant les mois de repos, un pourcentage assimilable de treize sera suffisant; durant l'élevage ou la mue et surtout lorsqu'il y a des jeunes, il faut augmenter ce pourcentage jusqu'à dix-sept. Si vous constatez que la formule que vous employez pour préparer votre propre recette donne une bonne condition physique à vos oiseaux et surtout une progéniture, il n'y a alors aucune raison de changer. Très souvent les nourritures préparées "maison" sont difficiles d'emploi et plus chères à la confection que celles qu'on peut se procurer dans le commerce. Leur degré de conservation est aussi aléatoire car une alimentation liquide est souvent vite dégradée.  C'est la raison pour laquelle je me borne à donner des préparations que j'achète en magasin, la valeur nutritive est assurée et la conservation ultime indiquée sur l'emballage. Ces aliments ont d'ailleurs fait l'objet de test à différentes températures.  En dehors de la période d'élevage je donne du Lorinectar ™ et durant la couvaison je procure du Loristart ™ de la firme Aves. La marque Cédé a elle aussi des aliments prêts à l'emploi pour loris et ces deux maisons jouissent d'une réputation de qualité auprès des amateurs. C'est d'ailleurs aussi le cas pour une firme allemande "Biotropic" qui elle aussi met de tels aliments à notre disposition.

 

Les loris ne recevront qu'une bouillie le matin et aussi le soir; mais à cette dernière occasion, il faut ajouter des morceaux de fruit: mangue, pomme, poire, banane, raisin (pelé) et des baies. Journellement il faut prévoir de la verdure: céleri, épinard, le mieux est de placer cette dernière dans un petit râtelier (comme pour les chevaux). Certaines espèces de loris aiment ingurgiter des graines, ce n'est pas le cas de Chalcopsitta. Certains éleveurs ont pris l'habitude de compléter la bouillie par une nourriture sèche faite des ingrédients suivants:

Deux parties de flocons de riz

Deux parties de farine de riz

Deux parties de pâtée aux œufs

Une partie de sucre de raisin

Une pointe de couteau d'un mélange de vitamines et de sels minéraux

Une cuiller à café de pollen.

Les loris noirs aiment grignoter des épis de maïs à demi mûrs. Ne jamais oublier de l'eau de boisson fraîche. Lorsqu'il y a des jeunes, procurer une biscotte trempée dans de l'eau sucrée.

 

L'une de mes connaissances a en 1974 réussi à élever deux jeunes. La pâtée d'élevage consistait en œufs cuits, biscuits, marmelade de fruits, riz cuit, farine de soja, flocons d'avoine; le tout édulcoré avec du sucre de raisin. S'y ajoutaient diverses sortes de fruits frais: pommes, oranges, bananes, raisins et baies.

 

 

Élevage

Des loris noirs qui sont nés en volière deviennent sexuellement aptes à se reproduire dès l'âge de deux ans. Des oiseaux venant de l'état sauvage prennent plus de temps, la règle est pour eux de trois à quatre ans. Le début de la reproduction commence en mars. On dépose une couche de huit centimètres d'épaisseur de copeaux grossiers sur le fond du nichoir, cette couche sera régulièrement renouvelée. Une fois par semaine en moyenne et plus en présence de jeunes. Deux œufs sont pondus avec un intervalle d'un jour entre eux, parfois deux jours. La femelle couve seule durant 24 à 25 jours. Les jeunes passent neuf à dix semaines dans le nid, parfois quelques jours de plus. On leur pose une bague de huit millimètres de diamètre, pour le lori rajah qui est plus petit, on peut se contenter d'un diamètre de sept millimètres et demi. Les contrôles au nid ne peuvent se faire qu'en l'absence des parents et après avoir pris la précaution de les enfermer au dehors. Le mieux est encore de suspendre le nid de manière à pouvoir y jeter un coup d'œil et même le nettoyer sans devoir trop entrer dans la volière, près de la porte, par exemple.

 

Les loris noirs portent un duvet gris à la naissance, ils ont le bec et les ongles noirs.  Leur poids est alors d'environ neuf grammes et demi.  Après une quinzaine de jours, les petites têtes mates se colorent de noir et les gaines d'un duvet de seconde génération pointent alors que les petites pattes sont devenues toutes noires. Encore quelques jours et les têtes sont complètement noires et les gaines s'étant ouvertes, le duvet noir apparaît, cela nous donne un oiseau tout à fait noir. A l'âge de trois semaines et demi le duvet est bien établi et le bord intérieur des moignons d'aile porte déjà de solides gaines annonciatrices des futures rémiges.  A quatre semaines, ces dernières apparaissent et la poitrine comme le ventre sont emplumés.  Cinq semaines est l'âge auquel la tête est recouverte de plumes noires et les plumes de la queue ont presque un centimètre de long. Le dos est quant à lui encore déplumé. Les oiseaux de six semaines présentent des rémiges longues de six centimètres et des rectrices d'environ cinq centimètres. Le dessous des ailes est, il est vrai, encore nu. Le plumage complet est réalisé à l'âge de sept semaines.

 

A l'envol, les juvéniles arborent un cercle oculaire gris blanc, la peau nue autour du bec a la même couleur et on remarque qu'ils sont nettement plus petits que les adultes. Les rectrices ne sont d'ailleurs pas encore développées complètement. Le cercle oculaire nu de couleur gris blanc ainsi que l'insertion du bec vont voir leur couleur se transformer graduellement en gris foncé dans les semaines qui vont suivre. Certains jeunes présentent des plumes rouges par-ci par-là, elles disparaissent lorsque les oiseaux vieillissent. Deux à trois semaines après leur envol définitif du nid, les jeunes deviennent indépendants et voilà le moment venu de les séparer de leurs parents.  Plusieurs tours par an ne sont pas à exclure.

 

 

2. Le lori cardinal

Chalcopsitta cardinalis, (G.R. Gray, 1849). 

 

Distribution géographique: Iles Salomon, les îles Feni et Nissan; Bougainville et Buka mais pas sur Lavongai; les îles Tonga, Lihir et Tabar à l'est de la Nouvelle-Irlande.

 

Description de l’espèce

Taille: trente et un centimètres.

Mâle et femelle: la couleur générale du corps est le rouge écarlate; le dos et la couverture alaire sont rouge brunâtre. Les plumes qui couvrent la poitrine, le ventre et les flancs sont lisérées de jaune terne donnant un aspect écaillé à l'ensemble. Les plumes extérieures de la couverture alaire dans l'arrondi de l'aile sont bordées de gris, les rémiges externes sont rouge orangé. La queue est brun-rouge, le dessous de celle-ci est plus terne. Le bec est jaune orangé avec une tache noirâtre à la base de la mandibule supérieure. La cire est noire. Une petite bande de peau nue, pratiquement noire se situe à la base de la mandibule inférieure, elle devient presque blanche chez les mâles sexuellement mûrs. L'iris est rouge orangé. Les yeux sont cerclés d’un périmètre nu de couleur noire. Les pattes sont gris foncé et les ongles sont noirs.

 

Généralités

Le lori cardinal est très rare dans les collections privées; il l'est aussi dans les parcs animaliers. Les résultats d'élevage de cette espèce sont maigres mais on a enregistré des succès aux Pays-Bas. Il s'agit d'oiseaux chers et qui ne sont recommandés qu'aux éleveurs spécialisés dans les loris.

 

Comportement

Cette espèce se lie rapidement d'amitié avec le soigneur qui s'en occupe, elle est dotée d'un caractère enjoué mais se révèle très agressive durant la saison de reproduction, même envers son soigneur!  Très bruyante, elle s'extériorise régulièrement. Aime se baigner longuement et aussi se laisser doucher. Sensible au froid.

 

Convention de Washington

Appartient aux espèces menacées et tombe sous les dispositions de l'article 3a de l'Annexe II.

 

Logement et soins

Les oiseaux qui viennent directement de leur lieu d'origine sont à placer dans une petite volière intérieure pour faciliter leur acclimatation.  La température ambiante ne doit jamais descendre en dessous des 20 degrés Celsius. Les loris cardinaux issus de l'élevage domestique seront installés par couples dans des volières extérieures auxquelles sont accolées des locaux qui gardent une température d'au moins 15 degrés Celsius durant la mauvaise saison. Un éclairement diurne doit y être également garanti, on donnera douze heures consécutives de lumière, par exemple de six heures du matin à six heures du soir. Les dimensions minimales d'une volière extérieure doivent atteindre 2 mètres (longueur) par 1 mètre (largeur) et 2 mètres (hauteur). La volière intérieure voisine fera quant à elle: 2 mètres x 1 mètre x 2 mètres. Un nichoir naturel  sera accroché dès le départ, son diamètre atteindra 25 centimètres et le trou d'envol aura un diamètre de 10 centimètres. Je dis "dès le départ" car ces oiseaux aiment utiliser le nichoir pour y dormir. Si on utilise un nichoir artificiel, il faudra qu'il ait les dimensions suivantes en centimètres et toujours selon la formule consacrée longueur x largeur x hauteur: 25 x 25 x 40. L'épaisseur des parois aura au moins deux centimètres et le trou d'envol 10 centimètres. Sur le fond du nichoir quel qu'il soit, il faut déposer des copeaux de bois ou de la sciure. Il faut remplacer régulièrement ce tapis surtout lorsqu'il y a des jeunes au nid. Le nichoir devrait être placé d'une façon telle qu'il soit facile à l'éleveur d'y accéder pour l'entretien et les contrôles sans devoir entrer dans la volière.

Les loris cardinaux sont sensibles au froid mais rien n'empêche, par beau temps hivernal, de les laisser sortir; il faut toutefois qu'ils aient toujours la possibilité de rentrer dans le local chauffé. Nourrir deux fois par jour et renouveler l'eau de bain quotidiennement. Durant les jours de mauvais temps froid, empêcher les oiseaux de sortir car il y a danger d'hypothermie. Durant la période estivale on peut se rendre compte que les loris cardinaux aiment se faire doucher et il est donc recommandé d'installer une rampe douche. Fournir régulièrement des brindilles de saule pour donner du passe-temps aux oiseaux. Les volières doivent être nettoyées tous les jours pour garder une hygiène optimum, l'élimination des restes de nourriture est importante. Il est conseillé de donner deux fois par an une cure préventive contre les flagellés.

 

Nourriture

Est la même que celle qui est donnée au lori noir.

 

Élevage

Rares sont les succès enregistrés dans l'élevage du lori cardinal. La raison majeure est que ces oiseaux sont très rares en captivité. Ils sont mûrs sexuellement à l'âge de deux ans contrairement aux autres espèces de Chalcopsitta importées et qui ont souvent besoin de plusieurs années avant de se mettre à la reproduction.

Cette dernière débute en avril ou mai. Généralement on compte deux œufs pondus à un jour d'intervalle; il arrive parfois que ce laps de temps soit de quarante-huit heures. La femelle garde habituellement le nid dès le jour précédent la ponte du second œuf. La couvaison est comparable à celle du lori noir; les œufs sont couvés par la femelle durant environ 25 jours. Quoique la femelle couve seule, le mâle va souvent lui tenir compagnie dans le nid. Les premières pennes apparaissent chez  les jeunes à l'âge de quatre semaines et il faudra encore attendre un mois avant que les petits ne soient complètement emplumés. Les jeunes restent au nid pendant une durée de soixante dix à soixante quinze jours. Le sevrage intervient deux à trois semaines après la sortie du nid. Employer le modèle de bague de diamètre sept à huit millimètres.

 

Mutations: aucune.

 

 

3. Le lori de Duyvenbode

Chalcopsitta duivenbodei, (Dubois, 1884) 

 

 

Description de l’espèce

Taille: trente et un centimètres.

Mâle et femelle: front, lores, avant des joues, périmètre du bec et menton de couleur jaune clair. Couleur générale du corps: brun olivâtre foncé et brillant. Dessus et arrière du crâne, parties latérales du crâne, cou et nuque: barrés de jaune mat. Le cou et les parties latérales supérieures de la poitrine sont souvent parsemés de petites plumes jaunes. Les plumes de la poitrine ont un petit et étroit liséré jaune; cela donne un aspect écaillé. Dans l'arrondi de l'aile il est possible d'apercevoir une tache et un bord jaune doré. L'intérieur des cuisses est jaune orangé. Le croupion et le dessous de la queue (sous caudales) sont bleu violacé. La queue est brune olivâtre foncée à la base et au fur et à mesure que l'on se dirige vers l'extrémité de la queue nous distinguons un reflet violet profond. Le dessous de la queue est bronze olivâtre et les rectrices externes portent du jaune sur les vexilles externes. Le bec est noir avec à la base de la mandibule inférieure une étroite bande de peau nue de couleur noire; la cire est noire aussi. L'iris est de couleur rouge prune. Les yeux sont entourés d'un cercle de peau nue de couleur noire. Les pattes sont gris foncé et les ongles noirs.

Bien que les sexes soient pratiquement identiques, on peut dire que le masque de la femelle est habituellement porteur de couleurs moins profondes; les vexilles des rectrices externes laissent aussi apparaître moins de jaune. Les mâles adultes sont en général légèrement plus grands et plus robustes que les femelles adultes, la tête d'un mâle adulte est aussi plus grande, tout comme l'est son bec.

 

Sous-espèces

Chalcopsitta d. duivenbodei (Dubois, 1884) – le lori de Duyvenbode

Il s’agit de la forme nominale identifiant l’espèce.

Sa description se trouve ci-dessus.

Répartition: Régions côtières du Nord-ouest de la Nouvelle-Guinée.

 

Chalcopsitta d. syringanuchalis (Neumann, 1915) - Lori à cou lilas.

Répartition: Régions côtières du Nord-est de la Nouvelle-Guinée.

Caractéristiques:

Ressemble très fort à la forme nominale mais a le dos et la tête d'un brun olivâtre plus accentué, le tout recouvert d'un voile violet profond.

 

Généralités

Très rare en captivité, surtout dans les collections privées. On n'enregistre des succès d'élevage qu'incidemment. Il est à souhaiter que l'accroissement annuel du cheptel soit suffisant pour pouvoir pérenniser l'espèce à l'état "domestique".

Comme la forme nominale, cette sous-espèce n'est destinée qu'aux spécialistes.

 

Comportement

Les oiseaux acclimatés ne présentent que peu de difficultés et sont robustes. Il s'agit d'animaux assez bruyants et remarquablement débordants de vie. Ils sont craintifs au départ et s'habituent graduellement à leur soigneur. Ils ne sont pas spécialement rongeurs de bois. Présentent une agressivité certaine envers leurs congénères mais aussi envers d'autres espèces. En règle générale les loris de Duyvenbode sont familiers avec leur soigneur mais ils peuvent devenir agressifs envers lui durant la reproduction, surtout s'il s'agit d'oiseaux importés.  Ils aiment à se baigner et à se laisser doucher en étalant les ailes et en faisant un charivari de première classe!

 

Convention de Washington

Appartient aux espèces menacées et tombe sous les dispositions de l'article 3a de l'Annexe II.

 

Logement et soins

Les oiseaux issus de l'importation directe devraient être placés dans une petite volière pour leur laisser l'occasion de se faire à leur nouvelle nourriture. La température ambiante ne devra pas descendre sous les vingt degrés Celsius. Les oiseaux qui proviennent de l'élevage domestique seront placés par couples dans des locaux composés pour chaque couple d'une volière extérieure et d'un abri intérieur pouvant être chauffé. Il ne pourra jamais faire moins de quinze degrés Celsius dans cet abri, été comme hiver. Il faudra aussi y garantir un éclairement de douze heures consécutives, par exemple de six heures du matin à six heures du soir. Les dimensions minimales d'une volière extérieure doivent atteindre deux mètres cinquante (longueur) par un mètre (largeur) et deux mètres (hauteur). La volière intérieure voisine fera quant à elle: deux mètres x un mètre x deux mètres. Les parois latérales entre volières doivent être faites de deux couches de treillis séparées par une distance de cinq centimètres. Cela vise à empêcher les mordillements mutuels des orteils par les oiseaux voisins. Ne jamais faire voisiner des espèces de Chalcopsitta. Placer dès le début un nid naturel ou artificiel dans la volière intérieure, les oiseaux viendront y dormir et si le cas se présente, y couver leurs œufs et élever leur progéniture. Un nichoir fait d'une portion de tronc d'arbre aura un diamètre de 25 centimètres et fera 40 centimètres de haut. Un nichoir artificiel fera autant de haut et aura une base carrée de 25 centimètres de côté. Le trou d'envol atteindra 10 centimètres de diamètre dans les deux cas. Dans l'option du nichoir artificiel, ses parois devront avoir au moins trois centimètres d'épaisseur. Sur le fond du nid, naturel ou artificiel, peu importe, on déposera une couche de copeaux de bois ou de sciure, son épaisseur atteindra huit centimètres. Le nichoir devrait être placé d'une façon telle qu'il soit facile à l'éleveur d'y accéder pour l'entretien et les contrôles sans devoir entrer dans la volière.

Les oiseaux acclimatés peuvent sortir durant la mauvaise saison s'il ne fait pas trop froid mais ils doivent toujours avoir la faculté de rentrer si le besoin s'en fait sentir. Nourrir deux fois par jour, de préférence matin et soir et renouveler l'eau de bain quotidiennement. Prévoir assez de brindilles pour donner un passe-temps aux oiseaux. Les volières doivent être nettoyées tous les jours pour garder une hygiène optimum, l'élimination des restes de nourriture est importante. Il est conseillé de donner deux fois par an une cure préventive contre les flagellés.

 

Nourriture

Est la même, dans les grandes lignes, que celle qui est donnée au lori noir. Ces oiseaux sont pourtant plus conservateurs que les autres espèces de Chalcopsitta. Ils mangent presque tous les aliments liquides pour loris ainsi qu'un peu de fruits comme des bananes, des pommes et des poires, rien d'autre. Il arrive que certains aiment goûter à des épis de maïs à demi mûrs. Ils sont peu intéressés par la verdure et l'idéal serait de pouvoir amener ces oiseaux à élargir leur menu, ce serait bénéfique.

 

Élevage

En règle générale ces loris ne deviennent aptes à la reproduction qu'après l'âge de deux ans et demi. La période de reproduction débute fin mars ou début avril. Lorsque les mâles se mettent à parader, leur agressivité monte aussi d'un cran et il est à noter que les oiseaux d'importation sont nettement plus combatifs que les oiseaux nés à l'état domestique. Il est parfois utile au soigneur de se protéger s'il veut entrer dans une volière! Deux œufs composent la ponte; il se passe deux, parfois trois, jours entre la ponte du premier et celle du second.  Certaines femelles se mettent à couver dès le jour qui précède la ponte du dernier œuf, il n'y a que la femelle qui couve. Elle le fait durant 25 jours. A leur naissance, les petits loris pèsent environ huit grammes!  Leur dos est orné d'un duvet assez long mais pour le reste ils sont nus comme des vers. La couleur de leur bec est brun foncé. La croissance des petits est lente au début de leur vie. Le premier duvet grisâtre est déjà visible au bout de huit jours et à quinze jours le duvet les a complètement recouverts. Environ  trois à quatre semaines après leur naissance, leurs yeux s'ouvrent et les étuis des rémiges apparaissent sur les moignons des ailes. Un mois encore et les petits ont acquis un plumage complet. On peut baguer les jeunes entre leur dix-huitième et leur trente-troisième jour, utiliser les bagues au diamètre de sept millimètres et demi. Le fond du nid composé de copeaux ou de sciure de bois devra régulièrement être renouvelé durant la présence des petits au nid. Si ce n'est pas le cas et qu'il devient trop humide, il est fort probable que les jeunes souffriront d'hypothermie. Rappelez-vous donc pourquoi j'ai insisté de placer le nichoir dans un endroit accessible facilement du dehors! La durée de la période passée au nid par les jeunes est de dix semaines (soixante dix jours), quelquefois quelques jours de plus. A la sortie du nid, les jeunes ont des cercles oculaires plus ou moins blanc grisâtre, la peau autour du bec est elle aussi presque blanche et les jeunes sont nettement plus petits que leurs parents.

Très rapidement après leur envol du nid, les jeunes loris de Duyvenbode apprennent à se nourrir seuls. Leurs parents leur fourniront toutefois encore l'appoint durant deux à trois semaines. Il vaut mieux séparer les parents des jeunes dès le sevrage. Deux tours d'élevage annuels sont du domaine du possible. Lorsque les jeunes ont huit mois ils ont les cercles oculaires et la peau autour du bec qui a viré au gris foncé; après douze mois, la couleur définitive presque noire sera là.

 

Mutations

On connaît une forme verte de cette espèce. Un spécimen a été capturé à la fin des années mille neuf cent quatre vingt dix dans l'intérieur des terres de la Papouasie Nouvelle-Guinée. L'oiseau en question réside à l'heure actuelle dans une volière d'un éleveur de perroquets bien connu de Singapour. On y tente de fixer la mutation.

 

 

4. Le lori à front rouge strié jaune

Chalcopsitta scintillata, (Temminck, 1835) 

 

Description de l’espèce

Taille: trente centimètres.

Mâle et femelle: la couleur générale du corps est le vert foncé. Le front et la région des lores sont rouge écarlate. Le crâne, sur le dessus, à l'arrière jusque dans la nuque, les joues et les zones des oreilles sont brun noir; la nuque et le cou, le manteau et le dessus de la poitrine sont de couleur vert clair strié sur un fond vert olive foncé.  Le cou et les côtés de la poitrine supérieure sont souvent parsemés de petites plumes rouges; le bas de la poitrine, le ventre, les flancs et la région anale sont d’un jaune clair strié sur un fond vert foncé. Le bas du dos et le croupion sont vert bleuâtre tandis que les cuisses sont rouge écarlate. Les grandes rémiges présentent un miroir sur leur dessous, les plumes du dessous de l'aile sont rouge écarlate. Le dessus des grandes rectrices est vert foncé, le dessous est rouge écarlate à la base et cette teinte devient jaune bronze aux extrémités. L’iris est de couleur orange, l’anneau oculaire nu est noir. Le bec est noir avec à la base de la mandibule inférieure une étroite bande de peau noire nue, la cire est noire aussi. Les pattes sont gris foncé et les ongles noirs.

 

Particularité: on rencontre rarement sinon jamais deux loris à front rouge strié jaune identiques. Le rouge de la tête varie d'une étroite bande frontale jusqu'à une calotte se prolongeant jusqu'au milieu de la couronne. La couleur des rayures diffère aussi énormément tout comme la couleur de fond de la poitrine chez chaque oiseau. Qu'ils soient colorés plus ou moins intensément de rouge, cela ne peut renseigner sur le sexe des oiseaux.

 

Sous-espèces

 

Chalcopsitta s. chloroptera (Salvadori, 1876) – le lori à front rouge strié vert.

Répartition: Nouvelle-Guinée, dans la partie Sud-est de l'île.

Caractéristiques:

Ressemble à la forme nominale mais la partie striée de la poitrine est plus étroite et l'oiseau semble plus vert; les plumes du dessous de l'aile sont vertes ou, cela arrive, vertes avec çà et là des plumes rouges. Le jaune sous les grandes rémiges est souvent absent contrairement aux autres formes de l'espèce qui en ont toujours.

 

Chalcopsitta s. rubrifrons, (G.R. Gray, 1858) – le lori à front rouge strié orange.

Répartition: Iles Aru (Indonésie), au  Sud-ouest de l'Irian-Jaya.

Caractéristiques:

Fort semblable à la forme nominale mais un peu plus grand. La partie striée de la poitrine est plus large et de teinte orange; la partie striée sur le dessous du corps est plus étendue et d’une teinte jaune plus accentuée.

Les différences d'avec la forme nominale dont il est question ici sont toutefois toujours minimes.

 

Chalcopsitta s. scintillata, (Temminck, 1835) – le lori à front rouge strié jaune

Répartition: le Sud-ouest de la Nouvelle-Guinée.

Caractéristiques: voir forme nominale.

 

Généralités

Rares sont les amateurs particuliers qui peuvent s'enorgueillir de posséder ces oiseaux, l'élevage en est donc confidentiel.

Un petit mot au sujet de l'appellation scientifique: j'ai suivi le raisonnement de Rutgers. Dans la plupart des ouvrages scientifiques on utilise le terme "sintillata", cela est une erreur car cela ne veut rien dire! Au contraire "scintillata" tire son origine du Latin "scintillare", "scintilla" qui veut dire: brillant, scintillant, luisant. Il y a eu probablement quelque part dans le passé une omission de la lettre "c", les auteurs ont dès lors sans plus sourciller, adopté cette orthographe.

 

Comportement

Les oiseaux acclimatés sont très solides, très vivants, aiment voler, se baignent souvent, moyennement bruyants, agressifs vis-à-vis de leurs congénères, pas trop destructifs, confiants en leur soigneur, peu farouches.

 

Convention de Washington

Appartient aux espèces menacées et tombe sous les dispositions de l'article 3a de l'Annexe II

 

Logement et soins

Les oiseaux venant d'être importés doivent être acclimatés avec grand soin. On utilise pour cela une volière intérieure dans laquelle il ne fera jamais moins de vingt degrés Celsius. Avec des soins attentionnés la période de quarantaine se passera sans anicroche. En ce qui concerne des oiseaux issus de l'élevage domestique en Europe: les installer par couples dans des volières extérieures qui font trois mètres de long, un mètre de large et deux mètres de hauteur. On accolera à chacune de ces volières extérieures un abri protégé du froid qui lui fera deux mètres x un mètre x deux mètres. Il ne pourra jamais faire moins de dix degrés Celsius dans ces volières intérieures et un éclairement diurne de douze heures minimum devra être assuré (six heures du matin à six heures du soir, par exemple). Les parois latérales entre volières doivent être faites de deux couches de treillis séparées par une distance de cinq centimètres. Cela vise à empêcher les mordillements mutuels des orteils par les oiseaux voisins. Ne jamais faire voisiner des espèces de Chalcopsitta. Les autres parois devront être faites de matériaux lisses tout comme le sol des volières intérieures (matière plastique, formica ou faïences), cela rend l'entretien plus aisé. Si on le désire, le sol des volières intérieures peut être couvert de copeaux de bois à condition de remplacer les endroits devenus humides par des copeaux neufs en tenant compte évidemment de l'importance des salissures. Si nécessaire on peut remplacer tous les copeaux. Pendre le nichoir de chaque couple dans la volière intérieure. Les oiseaux l'utilisent comme dortoir en dehors de la couvaison. Il va sans dire que le nid doit être bien entretenu lui aussi, hygiène avant tout!

Les Chalcopsitta scintillata peuvent sortir l'hiver sans crainte mais ils doivent avoir l'occasion de rentrer pour se chauffer. L'eau de baignade sera renouvelée journellement. Durant les jours plus froids il faut tenir les oiseaux à l'œil et veiller, s'ils se sont baignés, à ce qu'ils ne sortent pas (danger d'hypothermie). En été procurer régulièrement des douches car ces oiseaux en raffolent, l'installation d'une rampe douche n'est donc pas un luxe inutile. Fournir régulièrement des branchettes de saule pour leur permettre de ronger, des branches d'arbres fruitiers font aussi l'affaire mais faire attention à ce qu'elles n'aient pas été traitées chimiquement! Nourrir deux fois par jour, de préférence le matin et le soir. Les installations doivent être nettoyées quotidiennement et les restes de nourriture éliminés, l'hygiène est comme toujours la clé de la santé chez ces oiseaux aussi. Donner deux fois par an une cure préventive contre les flagellés.

 

Nourriture

La même que celle du lori noir.

 

Élevage

On a enregistré maintes réussites de l'élevage de cette espèce. Les oiseaux qui viennent directement de la nature sauvage mettent plus de temps (des années) que les oiseaux nés en captivité pour arriver à la maturité sexuelle. Ces derniers ont besoin de deux ans, parfois moins.  Généralement les conjoints ne font pas de manières pour s'accepter, il y a évidemment des exceptions, comme toujours elles confirment la règle.  La reproduction débute tôt dans l'année, le plus souvent ce sera en mars. Le nid qui peut être une portion de tronc d'arbre de 40 centimètres de haut et d'un diamètre intérieur de 25 centimètres aura un trou d'envol de 8 centimètres de diamètre. Les oiseaux ne dédaignent pas les nichoirs artificiels de la même hauteur et avec une base carrée de 25 centimètres de côté. Certains éleveurs préconisent l'utilisation de modèles en "L". Les nichoirs artificiels doivent être construits dans un matériau solide et avoir des parois assez épaisses (trois centimètres) car les oiseaux les attaquent de l'intérieur!  Le nid devra rester suspendu à demeure car les oiseaux vont y dormir même hors saison de reproduction. Suspendu dans un endroit facilement accessible du dehors de la volière intérieure, il permettra les contrôles et les nettoyages sans pour cela devoir déranger de trop les loris. Une couche épaisse de copeaux de bois sur le fond de la bûche ou du nichoir artificiel sera rapidement moulue par les locataires de l'endroit. Les œufs sont pondus à intervalle d'un jour entre eux (deux au total), il arrive parfois qu'un jour supplémentaire se glisse dans l'intervalle!  La femelle qui couve seule va parfois s'y mettre dès la ponte du premier œuf. La couvaison dure 25 jours et les jeunes ne se développent que très lentement. Ils passent 80 à 90 jours au nid, parfois même une semaine de plus!  Le lori à front rouge strié jaune présente à sa sortie du nid un cercle oculaire gris blanc, la peau à la base de la mandibule inférieure est pratiquement blanche et à cet âge là, les jeunes sont nettement plus petits que leurs parents. Très vite après leur sortie, les juvéniles commencent à prendre de la nourriture de leur propre initiative; les parents continuent tout de même à les nourrir durant une quinzaine de jours. Lorsqu'on s'aperçoit que le père poursuit ses petits, il faut séparer les jeunes des parents. Il se peut qu'on enregistre deux tours d'élevage par an. Il est important de nettoyer régulièrement le nid lorsqu'il y a des jeunes en raison des défécations liquides. Les parents n'apprécient guère cette hygiène ni les contrôles du nid et ils le font clairement savoir. Il est donc logique de profiter d'une absence simultanée des deux parents pour exécuter l'une ou l'autre opération.  Pour le baguage on utilise le modèle qui fait sept/huit millimètres de diamètre.

Lorsque les jeunes loris à front rouge strié jaune atteignent huit mois le cercle oculaire et la peau nue à la base du bec ont viré au gris foncé, à un an, ils sont devenus noirs.

Il est à noter que ces loris sont dans la pratique de l'élevage domestique de bons parents adoptifs pour la progéniture des autres espèces de loris.

 

Mutations: il n’y en a pas.

 

 

Texte: H.W.J. van der Linden